Ouganda: le président Museveni discute pour la première fois de sa succession

Yoweri Museveni, président d'Ouganda.

Le 28/10/2026 à 13h28

Le président ougandais Yoweri Museveni, aux affaires depuis 40 ans, a abordé pour la première fois la question de sa succession avec des cadres de son parti, ont indiqué plusieurs sources internes à l’AFP mercredi, sur fond de craintes qu’il cède le pouvoir à son fils.

Yoweri Museveni, ex-guérillero de 82 ans, dirige l’Ouganda depuis 1986. Mais il a pris du recul après sa réélection en janvier dernier pour un septième mandat consécutif, laissant son fils Muhoozi Kainerugaba, qui est chef des forces armées, exercer une influence croissante.

Âgé de 52 ans, M. Kainerugaba a promis de se présenter à la prochaine élection présidentielle prévue en 2031. Ces derniers mois, il a emprisonné des rivaux politiques et fermé pendant plusieurs semaines le principal groupe de presse indépendant du pays.

«Muhoozi», comme il est surnommé en Ouganda, est réputé pour ses salves incohérentes et brutales sur X, où il clame son obsession pour la star américaine Beyoncé, menace parfois de mort ses opposants, ou se vante de les torturer dans sa «cave».

S’il est vu depuis plusieurs années comme l’héritier putatif, la fuite en 2013 d’un plan confidentiel prévoyant qu’il succède à son père avait provoqué de vives réactions.

Yoweri Museveni, qui n’a ensuite abordé le sujet qu’avec une extrême prudence, a toutefois évoqué pour la première fois ouvertement mardi sa succession avec les dirigeants de son parti, le Mouvement de résistance nationale (NRM), ont indiqué plusieurs participants à l’AFP.

Mais il a «insisté sur le fait que les discussions concernant la succession devaient porter sur la manière de mener l’Ouganda vers une nouvelle étape, et non nécessairement sur la personne qui devrait s’en charger», a confié à l’AFP un haut responsable du parti, sous couvert d’anonymat.

Lors de la réunion, certains se sont prononcés en faveur de «Muhoozi», mais la moitié de l’assistance est restée silencieuse, tandis que d’autres ont exprimé une vive opposition, a précisé cette source.

La principale conseillère du président, Hajjat Hadijah Namyalo Uzeiye, a notamment déclaré, selon une autre source, qu’elle «vivait déjà dans la peur» après s’être opposée aux projets de M. Kainerugaba de se présenter à la présidence en 2031.

«Pour venir ici, j’ai utilisé deux véhicules afin d’arriver en toute sécurité», a-t-elle dit, selon le haut responsable du parti. «Ils (les partisans de M. Kainerugaba) me menacent.»

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 28/10/2026 à 13h28