Rébellion du M23 en RDC: les autorités envisagent «un service militaire obligatoire»

Un convoi de soldats des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) dans le village Idohu sur l'axe Beni-Komanda, le 19 mars 2022.

Un convoi de soldats des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) dans le village Idohu sur l'axe Beni-Komanda, le 19 mars 2022.. AFP or licensors

Le 28/12/2022 à 08h44

Les autorités congolaises ont évoqué mardi la possibilité d’instaurer «un service militaire obligatoire» en République démocratique du Congo confronté à l’offensive de la rébellion du M23 dans un territoire de l’est du pays.

Devant des responsable politiques et militaires, mais aussi des diplomates, le ministre de la Défense, Gilbert Kabanda a évoqué la possibilité d’instaurer «un service militaire obligatoire» ou «contractuel de 5, 10 ans».

Il s’exprimait à l’occasion de la présentation officielle du «document de politique de défense» de la République démocratique du Congo. «Il faut construire une armée pour protéger» le pays, a-t-il insisté.

Cette nouvelle politique de défense inclut notamment l’instauration d’une industrie militaire, la création d’une armée de réserve, l’instauration d’une école de cadets, la mise en place d’une armée capable de luter contre la cybercriminalité et la criminalité (trans)frontalière, a-t-il énuméré.

Dans la soirée, l’armée et la police ont par ailleurs présenté à la télévision publique cinq présumés «espions rwandais» et un militaire congolais arrêtés à Kinshasa, accusés de préparer des «actions d’envergures», sans plus de détails.

Dans la province du Nord-Kivu, une coalition des groupes armés congolais actifs dans cette région troublée et qui affirment se battre contre les rebelles du M23 a de son côté appelé mardi les autorités congolaises à la création d’un service de «para-militaires».

«Nous voulons la création d’une brigade spéciale composée des +Résistants+ (...) qui n’est pas attachée aux FARDC (armée congolaise)» mais une sorte de «service para-militaire ou de gardes de frontières», a déclaré à la presse Jules Mulumba porte-parole de cette coalition qui rassemble les groupes armés CMC, APCLS, ANCDH, NDCR, FPP et autres.

Debut novembre, le président Félix Tshisekedi avait appelé «la jeunesse» de son pays à «s’organiser en groupes de vigilance en vue d’appuyer, d’accompagner et de soutenir nos forces armées» face à la rébellion du M23 (Mouvement du 23 mars).

Ce mouvement rebelle a conquis au cours des derniers mois de vastes pans du territoire du Nord-Kivu, province congolaise frontalière du Rwanda, progressant jusqu’à quelques dizaines de kilomètres de Goma.

Kinshasa accusant Kigali de soutenir activement le M23 et de combattre à ses côtés, les relations entre les deux voisins sont exécrables.

Au cours d’une cérémonie vendredi, en présence de la force militaire régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC, ou East African Community en anglais), le M23 a annoncé son retrait de la position stratégique de Kibumba, près de Goma. Mais l’armée a qualifié de «leurre» cette annonce de désengagement.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 28/12/2022 à 08h44