Sénégal: la majorité parlementaire menace de bloquer le budget 2027

Ousmane Sonko, Chef du Pastef et président de l'Assemblée du Sénégal.

Le 20/10/2026 à 08h25

Le chef du parti Pastef, majoritaire à l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a menacé lundi de rejeter le projet de budget 2027 si les réductions des dépenses sociales et des investissements publics qu’il dénonce étaient maintenues, rapportent des médias locaux citant ses déclarations à la presse.

«C’est inacceptable pour Pastef. Si c’est maintenu tel quel, nous rejetons le budget 2027. S’il y a blocage, ce serait la responsabilité exclusive de l’exécutif, mais nous sommes ouverts au dialogue», a déclaré M. Sonko, également président de l’Assemblée nationale.

Cette mise en garde intervient sur fond de divergences autour du recours au Cadre commun du G20 pour le traitement de la dette publique sénégalaise, une option vivement critiquée par le chef du parti majoritaire.

«Le Sénégal n’avait pas besoin d’aller au G20 pour une simple opération de reprofilage de la dette. Il n’avait pas besoin d’être un cobaye pour cette initiative du G20», a-t-il affirmé.

Selon M. Sonko, ce choix a entraîné l’imposition de «conditionnalités» qui se traduisent, dans le projet de loi de finances 2027, par une réduction importante des crédits destinés aux secteurs sociaux et aux investissements publics.

Il a notamment cité les domaines de l’éducation, de l’emploi et de la formation, ainsi que les subventions aux prix de l’électricité et des produits pétroliers.

«C’est un budget d’économies pour payer des dettes qui ont été cachées aux Sénégalais. Nous ne pouvons pas l’accepter», a-t-il soutenu, accusant également le Fonds monétaire international (FMI) d’avoir été «complice de la dette cachée».

Le Premier ministre sénégalais, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, avait assuré début septembre que le gouvernement n’engagerait aucun «ajustement sauvage» ni aucune mesure susceptible d’affecter négativement les secteurs sociaux.

A rappeler que le Sénégal est confronté à une situation d’endettement particulièrement préoccupante, avec une dette publique estimée à 132% du produit intérieur brut (PIB) à fin 2024, après la révélation d’engagements financiers non déclarés sous l’ancienne administration.

Par Le360 Afrique (avec MAP)
Le 20/10/2026 à 08h25