Sénégal: l’Assemblée nationale débat du budget révisé, déjà rejeté par la majorité parlementaire

L'Assemblée nationale sénégalaise.

Le 27/10/2026 à 11h57

L’Assemblée nationale du Sénégal a commencé mardi à examiner le projet du budget rectificatif 2026, étape importante dans le redressement des finances publiques du pays ouest-africain très endetté, un texte déjà rejeté en commission par la majorité parlementaire.

Ce budget est présenté comme une mesure clef, notamment par rapport aux demandes formulées par le Fonds monétaire international (FMI) sur la gestion des finances publiques du pays.

Le FMI a annoncé en septembre un accord préliminaire avec le Sénégal sur un nouveau programme d’aide de 2,2 milliards de dollars (1,93 milliard d’euros) sur 36 mois, visant à stabiliser ces finances.

Mais l’institution financière n’a pas encore annoncé l’approbation de l’accord par son conseil d’administration, et le plan de sauvetage est soumis à certaines conditions.

Le pays ouest-africain traverse une grave crise économique et est confronté à une dette publique estimée à 132 % du PIB à la fin de l’année 2024.

Le puissant parti d’opposition Pastef, qui détient une large majorité législative, a rejeté vendredi ce projet de budget révisé en commission parlementaire.

Les travaux de l’Assemblée nationale, retransmis en direct par de nombreux médias et sur les réseaux sociaux, ont débuté mardi peu après 10H00 (GMT et locales) en présence du ministre chargé des Finances Cheikh Diba, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Ils ont été ensuite suspendus pour des raisons techniques liées à la climatisation de la salle.

Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a exhorté lundi l’opposition à adopter le projet de budget révisé dans un entretien avec l’AFP.

Il a indiqué cependant que l’opposition ne pouvait pas «bloquer» le pays sur la question du projet du budget rectificatif 2026, l’exécutif disposant selon lui de voies du «dialogue» mais aussi «constitutionnelles» pour résoudre les désaccords sur le texte soumis à l’Assemblée, dans cet entretien.

Le Pastef contrôle 130 des 165 sièges de parlementaires et son charismatique leader, Ousmane Sonko, également président de l’Assemblée, est engagé dans une querelle de longue date avec le président du pays Bassirou Diomaye Faye, son ancien allié.

Dans un communiqué diffusé vendredi soir, le Pastef avait indiqué qu’il ne rejetait pas «la nécessité de réviser le budget», mais que sa position résultait «de désaccords sur certains arbitrages budgétaires, les modalités de financement retenues et l’insuffisance des garanties apportées au Parlement».

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 27/10/2026 à 11h57