Sénégal: le Premier ministre exclut tout «ajustement sauvage» après l’accord avec le FMI

Le Premier ministre sénégalais Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo s'exprime lors de sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale à Dakar, le 8 septembre 2026.. AFP or licensors

Le 09/09/2026 à 06h47

Le gouvernement sénégalais exclut tout «ajustement sauvage» imposé au pays après l’accord de financement avec le Fonds monétaire international (FMI) pour juguler l’énorme dette de l’Etat ouest-africain, a déclaré mardi le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô.

Le ministre de l’Economie Cheikh Diba avait déjà annoncé le 1er septembre que l’accord avec le FMI, conclu le même jour, n’allait pas impacter négativement les secteurs sociaux comme la santé et l’éducation, et qu’aucune nouvelle charge fiscale ne serait imposée aux ménages et aux entreprises.

«Nous ne sacrifions pas les intérêts des Sénégalais. Il n’y aura pas d’ajustement sauvage comme dans les années 80» quand les restrictions budgétaires imposées par le FMI à des Etats africains ont conduit à des fermetures d’entreprises, des pertes d’emplois et un gel des dépenses sociales, a dit M. Lô.

«Nous avons discuté et abouti à des mesures rationnelles de gestion», a-t-il expliqué, citant notamment la «rationalisation des dépenses publiques, la maîtrise de la masse salariale et la suppression» d’institutions jugées «budgétivores», tout en augmentant des dépenses sociales.

«On n’a rien concédé sur les intérêts» du pays lors des négociations, a-t-il ajouté.

M. Lô présentait devant les députés son programme de gouvernement, après sa nomination fin mai par le président Bassirou Diomaye Faye.

Son adresse intervient une semaine après l’accord entre le Sénégal et le FMI en vue de la mise en place d’un programme d’aide de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois pour assainir les finances publiques du pays.

Il s’est exprimé devant un Parlement largement contrôlé par le parti d’opposition Pastef, dirigé par son prédécesseur et chef de cette institution Ousmane Sonko, limogé fin mai par le président Faye, son ex-allié, après plusieurs mois de divergences.

Le Sénégal est confronté à une dette qui atteignait 132% de son produit intérieur brut (PIB) fin 2024, dont une partie a été «cachée» par l’ex-gouvernement sous le président Macky Sall (2012-2024).

La divulgation de la « dette cachée » en septembre 2024 avait conduit le FMI à suspendre son programme d’aide de 1,8 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros) conclu en 2023, en attendant d’avoir des réponses et des engagements des nouvelles autorités.

En parallèle de l’accord avec le FMI, le gouvernement a annoncé son Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS), qui doit être mis en œuvre via le cadre commun du G20 pour la dette souveraine, table ronde informelle regroupant les créanciers, tant publics que privés, et les pays endettés.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 09/09/2026 à 06h47