Cameroun. Campagne de vaccination contre la poliomyélite et... les mentalités

Campagne de vaccination contre la polio au nord du Cameroun.

Le 28/04/2026 à 09h38

VidéoMalgré les progrès accomplis dans la lutte contre la la poliomyélite, maladie virale contagieuse, le Cameroun reste exposé à la circulation du poliovirus notamment en raison de sa frontière poreuse avec le Nigéria et le Tchad où des cas ont été détectés en début d’année. Le gouvernement a organisé une campagne de vaccination des enfants âgés de moins de cinq ans dans six régions sur les dix que compte le pays. Autre problème de taille: beaucoup pensent que les vaccins réduisent le taux de natalité et fragilisent la santé des enfants.

Bien que le Cameroun ait été certifié exempt de poliovirus sauvage en juin 2020, de nouveaux cas ont été détectés suite à l’apparition de poliovirus dérivés de la souche vaccinale de type 2 (PVDVc2) depuis 2021. Ces variants causent de la paralysie principalement chez les enfants de moins de cinq ans.

Les régions les plus vulnérables sont celles du Centre et du Littoral mais bien plus les régions de l’Adamaoua, de l’Est, de l’Extrême-nord, et du Nord à cause de leur proximité avec les pays voisins comme le Tchad et le Nigéria où les cas de poliomyélite ont été détectés au début de cette année 2026.

Pour renforcer la riposte contre cette maladie contagieuse, le gouvernement et ses partenaires ont organisé une vaste campagne de vaccination des enfants de moins de cinq ans.

Dans la région de l’Extrême-nord, le Programme Elargi de Vaccination (PEV) a vacciné environ deux millions d’enfants. Un objectif tenu grâce en partie à l’implication des jeunes réunis en associations de sensibilisation comme les U-Reporters et Les U-Responders établies dans la ville de Maroua, chef-lieu de la région de l’Extrême-nord.

Ces associations des jeunes ont réussi à changer les mentalités des populations. Le leader Holl Mbogue André Ghislain de U-Reporters en sait quelque chose: «chez nous plusieurs parents pensent que les vaccins réduisent le taux de natalité et fragilisent la santé des enfants. C’est la raison pour laquelle, ils ne permettaient pas que leurs enfants soient vaccinés. Nous nous sommes donc constitués en association des jeunes pour sensibiliser. Nous le faisons sur tous les sujets de santé et d’environnement parce que nous voulons sortir nos populations des anciennes considérations», a-t-il déclaré.

Pour sa participation active à cette campagne de vaccination, la Représentante du Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef), bureau du Cameroun Nadine Perrault, a fait le déplacement à l’extrême-nord.

L’Unicef qui est un acteur majeur et partenaire stratégique du gouvernement dans la protection, la promotion et la vulgarisation des droits de l’enfant dans le pays. La campagne qui venant renforcer les précédentes campagnes de vaccination de routine régulièrement organisées par le PEV.

«La persistance du poliovirus circulant est principalement due à la faiblesse des taux de vaccination dans les communautés sous-immunisées, ce qui permet au virus atténué du vaccin antipoliomyélitique oral de circuler, d’accumuler des mutations et de retrouver une capacité à provoquer la paralysie comparable à celle du poliovirus sauvage« , a souligné Dr Njoh, secrétaire permanent adjoint du PEV.

La poliomyélite est une maladie paralysante et incurable. Et parce qu’elle n’a pas de traitement curatif, la vaccination reste le seul moyen efficace de prévention pour les enfants âgés de moins de cinq ans.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 28/04/2026 à 09h38