Cameroun. Coût écologique des couches jetables: les jeunes mamans s’en lavent les mains

Le 17/10/2026 à 12h35

VidéoPratiques, absorbantes, ajustables, économiques... les couches jetables ont la préférence des jeunes mamans contrairement à leurs ainées qui n’avaient d’autre choix que de se rabattre sur les langes à usage multiple. Mais derrière ce confort, se cache le coût écologique dû à la quantité des déchets générés par ces produits non biodégradables et contenant des dérivés d’hydrocarbures.

Sur le marché camerounais, les couches à usage unique pour enfants se vendent plus, contrairement aux couches lavables, naguère préférées des parents.

«À notre époque, on utilisait uniquement les couches lavables. Il y en avait de deux qualités, les carrées et celles à cordes. J’ai accouché quatorze fois et à chaque enfant je n’utilisais que les lavables. Et en plus, il fallait garder tout leur éclat jusqu’à ce que l’enfant marche», nous a confié une matriarche rencontrée dans un quartier de Yaoundé.

Actuellement, la situation est toute autre, les jeunes mamans n’utilisent presque plus les couches lavables, comme en témoigne Marita, une jeune maman âgée d’environ 25 ans.

«Les couches jetables sont très faciles à utiliser. En moins d’une minute, on l’a déjà placée à l’enfant et on peut alors vaquer à d’autres occupations. Elles ont l’avantage d’absorber les dépôts des enfants contrairement aux couches lavables qui sont plus contraignantes», a-t-elle indiqué.

En plus de leur praticité, les jetables sont vendues à des prix abordables et attirent bon nombre de clientes. Au Cameroun, le prix d’un paquet de couches jetables varie généralement entre 2.500 et 9.500 FCFA, selon la marque, la taille et le nombre de pièces dans le paquet.

Ces opinions ne sont pas partagées dans l’opinion. Pour certains citoyens comme cet autre septuagénaire rencontré au quartier Etoudi, c’est la paresse maladive qui amène les jeunes filles à s’orienter vers tout ce qui est facile.

«Nos filles sont très paresseuses et ne veulent pas consacrer leur temps à leurs enfants. Certaines ont même peur de toucher les excréments de leurs enfants, d’où leur préférence des couches jetables», a-t-il déclaré avant d’ajouter qu’il n’est pas facile d’entretenir les anciennes couches.

«Il faut les laver soigneusement pour garder leur blancheur sinon, avant trois mois de la naissance du bébé, elles jaunissent et généralement, on en a honte. Je crois que c’est qui fait aussi fuir les jeunes mamans».

Mais les couches jetables ont cet inconvénient de se retrouver à la poubelle après un seul usage. Depuis des années, scientifiques et médias se sont penchés sur la problématique de la pollution générée par ces langes jetables qui contiennent du plastic, lui-même issu des hydrocarbures.

Voilà ce que l’on apprend sur un site scientifique qui a consacré plusieurs articles à ce sujet. «Il s’agit d’un déchet non-compostable et non-biodégradable. Ces couches ne peuvent pas être recyclées car elles sont composées de 30% de plastique. Leur procédé de fabrication demande beaucoup d’énergie et d’eau et favorise la déforestation. Les couches jetables sont parfois incinérées, mais cela crée de la pollution: elles émettent de la dioxine"... et la listes des effets non désirables est encore longue.

Il faut aussi remarquer que la modernité apporte son lot d’inventions pour améliorer les conditions de vie et de travail des citoyens... mais non sans effets secondaires.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 17/10/2026 à 12h35