Cameroun. Le culte des rondeurs artificielles: quand les femmes jouent gros avec leur santé

Le 14/07/2026 à 09h32

VidéoFesses rebondies, hanches larges, poitrine développée... depuis quelques années le culte des rondeurs fait de plus en plus d’adeptes chez certaines jeunes filles qui y voient un atout supplémentaire de séduction. Un supposé charme obtenu en absorbant des produits chimiques aux effets néfastes parfois proposés sur les réseaux sociaux. Les praticiens ont beau alerter sur les dangers de telles pratiques, rien n’y fait.

Au Cameroun, les canon de la beauté d’une femme ont de tout temps mis à l’honneur la générosité des courbes. Les femmes aux rondeurs généreuses sont en meilleure santé et plus fertile qu’une autres qui en seraient dépourvue. Mais que faire si la génétique en a décidé autrement?

Car ces formes généreuses ne s’acquièrent par simples battements de cils. Dr Mbwe Mpoh Maurice, pharmacien et expert en pharmacovigilance, semble connaitre le secret de ces femmes qui veulent à tout prix répondre aux canons de la beauté: «Depuis des années déjà, des jeunes filles se font injecter des produits chimiques dont je préfère taire le nom ici, pour se donner des formes généreuses. Alors, elles absorbent certains produits pharmaceutiques en dépassant la dose prescrite ou alors elles ont recours à des cocktails qu’elles achètent sur les réseaux obscurs», a-t-il déclaré.

Le pharmacien rappelle que de tels produits sont nocifs à l’organisme et provoquent, à court terme, des pertes de mémoire et des confusions. Si la prise de ces produits se poursuit sur le long terme, des problèmes cardiaques peuvent survenir et même provoquer la mort.

La psychologue clinicienne Bell Géneviève Fabiola alerte sur les dangers que peuvent colporter les réseaux sociaux. «Presque toutes les jeunes filles veulent ressembler aux influenceuses qui donnent l’impression que la vie leur sourit. Elles sont généralement bien mises avec des formes qui les rendent plus attirantes. Ainsi, chaque jeune fille va tout faire pour leur ressembler et paraitre plus jolie. Je crois que pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement doit restreindre l’usage des réseaux sociaux », a-t-elle souligné.

Le mal est tellement profond que des actions profondes s’imposent.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 14/07/2026 à 09h32