Conakry. «Et maintenant on fait comment?»: l’interdiction des sachets plastiques n’emballe pas tout le monde

Sachets plastiques. DR

Le 04/10/2026 à 14h57

VidéoImaginez que votre boucher emballe la viande que vous venez d’acheter dans du papier provenant d’un sac usagé de... ciment. Ce conditionnement à vous bétonner l’estomac est l’une des alternatives que des commerçants ont imaginé pour remplacer le sac plastique désormais interdit. Si la mesure répond à un enjeu environnemental, elle pose surtout une difficulté: comment transporter les produits vendus au détail? Réponse au marché de Conakry.

Dans ce marché de Conakry, les habitudes changent. Là où le sachet plastique accompagnait presque systématiquement chaque achat, les commerçants doivent désormais trouver d’autres moyens pour emballer leurs produits.

Une situation particulièrement compliquée pour ceux qui vendent des denrées comme la viande, le riz, l’huile ou encore les condiments.

Derrière son étal, Alpha Oumar Bah, boucher, reconnaît l’impact environnemental des sachets plastiques, mais regrette l’absence d’alternative immédiatement disponible.

«L’interdiction des déchets à usage unique est dans l’intérêt des populations. Mais les autorités auraient dû penser à trouver une solution pour remplacer le plastique avant son interdiction. Nous revendons de la viande et certain clients viennent sans récipient. Sans sachet plastique, nous perdons ces clients».

Un problème qui ne concerne pas uniquement les bouchers. Chez les détaillants, l’emballage fait partie intégrante du commerce quotidien. Riz, huile, tomates, piments et autres produits vendus en petites quantités doivent être transportés par les clients.

Aïcha Sidibe, commerçante, résume le casse-tête auquel elle est désormais confrontée. «Nous mettions le riz dans les sachets plastique, mais maintenant on fait comment? Nous n’avons pas de solution. Pareil pour l’huile, les tomates, les piments, quasiment tous les ingrédients. Rien ne peut se transporter à la main».

Face à cette nouvelle contrainte, les commerçants improvisent. Dans certaines boutiques et étals, les emballages en papier ou les morceaux de carton deviennent des solutions de substitution. Une pratique qui ne convainc toutefois pas tous les clients.

Pour la viande notamment, Alpha Oumar Bah explique comment les vendeurs tentent de s’adapter. «Actuellement, pour servir nos clients, nous sommes obligés d’utiliser des cartons de conditionnement de ciment que nous détachons et où nous emballons la viande. Mais tout le monde n’accepte pas de faire emballer sa viande de la sorte».

Dans les allées du marché, l’interdiction se traduit par une nouvelle réalité: commerçants et consommateurs doivent réinventer leurs habitudes d’emballage.

Une transition qui répond à l’objectif de réduire les déchets plastiques, mais qui fait apparaître, sur le terrain, une autre urgence: trouver des alternatives accessibles et adaptées aux besoins du commerce quotidien.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 04/10/2026 à 14h57