Dans certains quartiers de Bamako, des montagnes d’ordures défigurent le paysage de la capitale, se déversent sur les routes jusqu’à bloquer la circulation par endroits.
Jusque-là, les acteurs de l’assainissement n’ont qu’une seule option, celle de transporter les déchets vers les dépôts de transit et ensuite vers le dépôt final. Mais ces entreprises sont en bute à bien de difficultés, rapporte une étude universitaire sur le sujet.
«Les collectivités locales en charge de la gestion de ces déchets se trouvent confrontées à des difficultés techniques et financières majeures, tandis que la production de déchets continue d’augmenter de manière significative dans la ville de Bamako, principalement en raison de la croissance démographique».
Lire aussi : Du fléau au filon vert: à Libreville, le pari du plastique recyclé
Au niveau national, la quantité de déchets générés par jour est estimée à environ 5.000 m³/jour, dont 3.000 m³/jour pour la seule ville de Bamako rapporte un rapport sur la gestion durable des déchets dans les pays de l’UEMOA selon lequel «La collecte des déchets est le maillon de la chaîne de gestion des déchets qui fonctionne le moins bien. Ceci se justifie par l’entassement des déchets au niveau des dépôts de transit qui ressemblent souvent à des décharges finales dans les communes due à leur non évacuation.»
Devant cette situation où tout reste à faire, un jeune expatrié des Etats-Unis, Lamine Dembélé a flairé la bonne affaire et créé Macrowaste, une unité de recyclage des déchets solides.
«Dans le traitement des déchets il y a plusieurs volets, la valorisation, le recyclage, et la destruction des déchets dangereux. Après avoir collecté les déchets ménagers, ou d’autres lieux, les déchets sont transportés sur le site de traitement de Macrowaste à Mountougoula, à une vingtaine de km de Bamako. Mon entreprise réalise la destruction des déchets grâce à un incinérateur dernière génération doté d’une capacité de 500 kg par heure et qui brûle jusqu’à 1.600°C. Les déchets destinés à la destruction sont les déchets biomédicaux, pharmaceutiques, de même que les archives de l’administration qui veut s’en débarrasser de façon sûre».
Lire aussi : Recyclage des déchets: comment atteindre un objectif de valorisation de 65% d’ici 2030
Arouna Dembélé est superviseur au Macrowaste témoigne de son travail au sein de cette entreprise fondée en 2013 à Bamako, qui offre des solutions de traitement et de recyclage des déchets industriels.
«Grâce à cette expérience j’ai réalisé que rien ne perd, tout se transforme. Macrowaste m’a offert l’opportunité d’acquérir une précieuse expérience». Enfin Dembélé dira que «ce qu’il apprécie chez Macrowaste, c’est l’esprit d’équipe».
Après avoir connu le chômage, Rokia Doumbia a enfin trouvé un emploi rémunérateur en qualité de trieuse de déchets, «j’étais au chômage, et ce centre de tri est une aubaine pour moi. Ce travail me permet de subvenir aux besoins de mes enfants, notamment en payant leur scolarité».
De telles initiatives sont à multiplier dans un pays qui connaît une augmentation rapide de sa population urbaine, engendrant d’importants besoins d’infrastructures et d’équipements pour contribuer à la création d’emplois et à lutter contre différentes formes d’atteinte à l’environnement