Pour cette rentrée scolaire, l’Etat a décédé d’uniformiser les manuels scolaires et supports de cours sur toute l’étendue du territoire. Une reforme favorablement accueillie par les élèves, les parents et les acteurs de l’éducation nationale. Cependant, derrière cette réforme se dissimule une réalité durement vécue, celle de la disponibilité de certains manuels et supports. Et surtout les prix pratiqués sur le marché.
La course aux fournitures scolaires continue quelques semaines après la rentrée, et ne se limite pas seulement qu’aux cahiers et aux uniformes.
Depuis l’instauration de l’uniformisation des ouvrages, les familles doivent désormais rechercher des titres précis correspondant aux programmes et aux paliers scolaires.
Sur le terrain, cette harmonisation ne se traduit pas toujours par une disponibilité des ouvrages. Dans plusieurs librairies, qu’elles soient «par terre» ou officielles, certains manuels sont rapidement épuisés. Les parents passent d’un point de vente à un autre, sans succès.
«On apprécie la démarche du gouvernement de penser aux parents en uniformisant les manuels cette année. Mais le hic est que ces manuels ne sont pas arrivés à temps», déplore M. Kouakou, parent d’élève contré dans une librairie.
Et un autre de renchérir, «on nous demande des livres bien précis, mais quand on arrive à la librairie, on n’en trouve pas. On nous dit qu’ils sont en rupture de stock. Il faut revenir plusieurs fois ou chercher ailleurs. Depuis ce matin je ne fais que parcourir les espaces de vente mais je ne trouve pas les livres pour mes enfants dont l’un est au CM1 et l’autre au CM2», raconte, épuisé, Bérédé Nestor.
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Pour les élèves aussi, la situation n’est pas sans conséquence. Certains commencent les cours avec des ouvrages incomplets, tandis que d’autres doivent attendre plusieurs jours avant de disposer du manuel recommandé par l’enseignant. Une difficulté qui peut compliquer le suivi des cours et le travail à domicile.
Du côté des libraires, le problème serait davantage lié à l’approvisionnement. Avec des références désormais ciblées, la demande se concentre sur certains ouvrages. Lorsqu’un titre vient à manquer, il devient difficile pour les familles de se rabattre sur un autre livre.
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«Nous n’arrivons pas à approvisionner convenablement le marché. Ici, nous manquons des livres de mathématiques de CM2, de lecture, de sciences depuis la rentrée. Quand les parents viennent, nous sommes obligés de leur dire de revenir une prochaine fois. C’est vraiment fatigant!», relate Kouamé Bi Tibé, libraire à Adjamé-en-bas-du-pont.
D’autres justifient cette situation par une mauvaise planification de la part des autorités, bien que l’initiative reste à saluer. «Avant de prendre une telle décision, l’Etat devrait mener une expertise sur le terrain afin de mieux approvisionner le marché», conseille Bérédé Nestor.
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Sur le marché, cette tension entre l’offre et la demande se ressent également sur les prix. La rareté de certains manuels rend l’acquisition plus coûteuse pour les parents, déjà confrontés à de nombreuses dépenses liées à la rentrée scolaire.
«Effectivement vu qu’il y a un manque, le vendeur qui en dispose va le revendre plus cher. Des manuels qu’on achète à 2.200 Fcfa peuvent passer à 2.500 Fcfa», explique dame Marie-Joseph.
Harmoniser les supports didactiques, c’est bien. En fournir en quantités suffisantes, c’est mieux. Telle semble la moralité de cette course au manuels.
