Côte d’Ivoire: à la rentrée, les parents d’élèves se dépensent sans compter pour ne pas se ruiner

Une librairie à Abidjan.

Le 11/09/2026 à 15h04

VidéoEntre fournitures, uniformes, frais de scolarité, transport... de nombreux parents d’élèves appréhendent la forte pression financière à l’approche de la rentrée scolaire. Mais pour certains, c’est est aussi une occasion de rappeler l’importance d’anticiper les dépenses pour éviter le stress de dernière minute.

En Côte d’Ivoire, la rentrée scolaire fixée au 14 septembre 2026 sur toute l’étendue du territoire national. À quelques jours, l’heure est aux préparatifs.

Dans les marchés, librairies et commerces spécialisés, l’effervescence n’est pas encore au rendez-vous, mais se fait ressentir progressivement.

Scolarité, cahiers, livres, sacs, chaussures, uniformes et autres fournitures scolaires sont au cœur des préoccupations des parents. Certains tentent encore de réunir les moyens nécessaires pour permettre à leurs enfants de retrouver le chemin de l’école dans de bonnes conditions.

Avec plusieurs enfants à scolariser, les dépenses s’accumulent rapidement. À cela s’ajoutent les frais de transport, de restauration et les différentes charges liées à la scolarité.

«On stresse rien qu’en entendant parler de la rentrée, synonyme de grandes dépenses, surtout pour nous qui n’avons pas de soutien, c’est vraiment compliqué» explique Affoué Aristide, commerçante, mère de trois enfants scolarisés.

Cette mère de famille fait allusion aux 5.081.262 kits scolaires qui seront distribués gratuitement dans les écoles primaires publiques, annoncés le 4 septembre par le directeur des Affaires financières du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, Abdramane Daho.

Selon ce dernier «cette opération a déjà démarré depuis le 2 septembre 2026 dans la Direction régionale de Dimbokro et va se généraliser à compter dans l’ensemble des 41 Directions régionales du pays».

En dépit de la gratuité de ces kits scolaires, des familles entières craignent de ne pouvoir faire face aux dépenses.

«La rentrée est toujours une période difficile. Quand on a plusieurs enfants, il faut trouver assez d’argent pour pouvoir acheter les cahiers, les uniformes, les chaussures et tout le reste. Ce n’est pas facile de tout payer en même temps», témoigne un autre parent rencontré dans un point de vente de fournitures scolaires.

Au nombre des facteurs qui stressent plus les parents ; les inscriptions dans les établissements privés qui affichent des scolarités exorbitantes souvent difficiles à supporter par les parents.

C’est à juste titre qu’ils formulent à quelques de cette rentrée scolaire des doléances aux autorités de jeter un regard à ce problème afin de leur venir en aide.

«Ce qui nous stresse le plus à l’approche de la rentrée scolaire ce sont les inscriptions qui sont trop élevées alors que la vie est déjà difficile et chère. Nous prions pour que les autorités puissent alléger un peu nos dépenses», implore Dame Yao Abigaël, mère de famille.

Une situation qui nourrit parfois l’inquiétude et oblige certaines familles à faire des choix. Pour d’autres, la stratégie consiste plutôt à ne pas attendre les derniers jours.

Ces parents estiment que la meilleure manière d’éviter le stress est de se préparer progressivement avant la rentrée. Pour eux, acheter les fournitures quelques semaines, voire plusieurs mois à l’avance, permet de répartir les dépenses et de mieux maîtriser le budget familial. N’cho Benjamin est couturier à Yopougon, il raconte sa mésaventure en cette période.

«Certains parents déposent les habits de leurs enfants dans mon atelier mais ne peuvent les récupérer faute de pouvoir payer», déplore le couturier.

Et monsieur Mouhon d’ajouter, «Les chefs de famille doivent commencer à préparer la rentrée plus tôt. Chaque mois, par exemple, on peut acheter quelques fournitures et faire coudre les tenues scolaires des enfants. Comme ça, lorsque arrive septembre, les plus gros achats sont déjà faits», conseille ce parent d’élève.

Cette anticipation apparaît donc comme une véritable solution pour de nombreux parents. Elle permet non seulement de limiter la pression financière, mais aussi d’éviter les longues files d’attente et la course aux fournitures à l’approche de la rentrée.

Mais pour ceux qui n’ont pas pu anticiper, les prochains jours s’annoncent particulièrement intenses. À quelques jours du 14 septembre, la priorité reste la même ; réunir l’essentiel pour que les enfants commencent leur nouvelle année scolaire dans les meilleures conditions.

Par Emmanuel Djidja (Abidjan, correspondance)
Le 11/09/2026 à 15h04