Dakar. Le paludisme recule, d’autres infections en résurgence: quand l’hivernage impose ses urgences

Le 07/08/2026 à 10h50

VidéoLe paludisme recule, d’autres pathologies infections gagnent du terrain. À Dakar, les professionnels de la santé sonnent l’alerte sur les maladies hivernales.

À Dakar, l’hivernage est traditionnellement synonyme de recrudescence des maladies saisonnières. Si les populations redoutent encore le paludisme, les professionnels de santé observent aujourd’hui une évolution du profil des patients.

Dans plusieurs structures sanitaires de la capitale, ce sont surtout les infections respiratoires, les syndromes grippaux et les maladies diarrhéiques qui occupent désormais le devant de la scène, même si la vigilance reste de mise face au paludisme.

Cette évolution s’inscrit dans la dynamique nationale de lutte contre cette maladie, le Sénégal ayant enregistré des avancées significatives vers son élimination.

Au poste de santé Castors-Arafat, la baisse des cas de paludisme est une réalité. Les épisodes de fièvre sont toujours nombreux, mais les examens permettent bien souvent d’écarter cette maladie au profit d’autres infections.

Diona Fatou Bintou Diouf, infirmière en chef de poste, explique: «les cas de paludisme ont fortement reculé. Certes, ces derniers temps, nous recevons beaucoup de patients présentant de la fièvre, mais les tests de diagnostic rapide (TDR), qui permettent de confirmer le paludisme, reviennent le plus souvent négatifs. Ce sont donc davantage les syndromes infectieux qui prédominent actuellement. Le paludisme est toujours présent, bien sûr, mais nous enregistrons peu de cas, Alhamdoulilah. C’est ce que nous souhaitons.»

Dans les salles de consultation pédiatrique, la réalité est tout autre. Les enfants sont particulièrement exposés aux maladies favorisées par les changements de température, l’humidité et les difficultés liées à l’hygiène pendant cette période.

«Je prends en charge les enfants de 0 à 14 ans. Les principales pathologies que nous rencontrons en cette période sont la diarrhée, les syndromes grippaux, les syndromes infectieux, ainsi que la toux et le rhume. Nous connaissons une forte affluence durant cette période, avec un grand nombre d’enfants malades. La chaleur favorise également cette augmentation des consultations», souligne Marguerite Marie Esther Diouf, infirmière d’état.

Face à cette situation, les professionnels de la santé insistent sur l’importance des gestes de prévention. Une bonne hygiène de vie, une hydratation suffisante et une consultation précoce dès l’apparition des premiers symptômes permettent souvent d’éviter les complications.

«Il est important de bien s’alimenter, de pratiquer une activité physique et, en cas de problème de santé, de consulter rapidement. Il faut également bien s’hydrater, car il fait très chaud. Buvez beaucoup d’eau et, dès les premiers signes de maladie, rendez-vous sans tarder à l’hôpital. Une consultation précoce nous permet d’identifier rapidement le problème et d’assurer une prise en charge efficace et adaptée», explique Diona Fatou Bintou Diouf, infirmière-chef de poste.

Si le recul du paludisme constitue une avancée encourageante pour les autorités sanitaires, l’hivernage continue d’imposer son lot de défis sanitaires. Dans les structures de santé de Dakar, la prévention, le dépistage précoce et l’adoption de comportements responsables demeurent les meilleurs remparts pour traverser cette saison en toute sécurité.

Par Moustapha Cissé (Dakar, correspondance)
Le 07/08/2026 à 10h50