Des centaines d’Ethiopiens fuient au Soudan face aux affrontements armés

Des réfugiés éthiopiens originaires du Tigré.

Des réfugiés éthiopiens originaires du Tigré.. DR

Le 02/08/2026 à 20h28

Des centaines de personnes ont fui ces deux derniers jours le nord de l’Ethiopie, théâtre d’affrontements armés, pour se réfugier au Soudan voisin, ont indiqué dimanche des sources soudanaises à l’AFP.

Les combats ont opposé les forces fédérales aux rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), alors que les deux parties, qui entretiennent des relations exécrables, s’accusent mutuellement de vouloir déclencher un nouveau conflit.

Selon une source médicale à la frontière, des combattants blessés ont reçu de premiers soins avant d’être transférés vers la localité d’al-Hashaba, à 15 km de là, qui accueille déjà des milliers de personnes déplacées par la guerre de 2020-2022 entre les belligérants éthiopiens.

D’après une source sécuritaire, le lieu sert de «centre administratif» à une unité armée affiliée aux TPLF, dont les membres, après avoir fui leur pays, ont combattu dans la guerre qui ravage le Soudan depuis plus de trois ans, opposant l’armée aux paramilitaires.

Cette situation a récemment suscité des tensions avec l’Ethiopie, qui avait accusé en mai l’armée soudanaise de soutenir des «mercenaires» liés aux rebelles. Le Soudan reproche quant à lui à Addis Abeba d’avoir autorisé des attaques de drones depuis son territoire.

Les affrontements au Tigré, qui ont impliqué de l’artillerie lourde et des drones à Shererina, près de la frontière avec le Soudan, ont eu lieu tout au long de la journée de samedi, selon un membre du TPLF, qui a requis l’anonymat.

Des habitants du côté soudanais de la frontière ont raconté avoir entendu des explosions et des tirs nourris.

L’AFP n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante ces informations.

Ce regain de tensions fait planer le risque d’une nouvelle guerre, moins de quatre ans après la fin d’un sanglant conflit entre le TPLF et les forces fédérales, appuyées par des milices locales et l’armée érythréenne, et a fait au moins 600.000 morts, selon une estimation de l’Union africaine.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 02/08/2026 à 20h28