Ebola: l’Ouganda dénonce des restrictions aériennes «injustes»

Le 13/06/2026 à 07h55

L’Ouganda, dont la réponse face à l’épidémie d’Ebola a été saluée, avec seulement 19 cas recensés, dont deux décès, depuis que l’épidémie de cette fièvre hémorragique a été déclarée mi-mai en RDC voisine, a dénoncé vendredi soir les restrictions aériennes «injustes» dont il est victime.

La République démocratique du Congo (RDC), épicentre de l’épidémie, a déclaré le 15 mai une épidémie de fièvre hémorragique provoquée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique.

Plus de 676 cas y ont été confirmés, dont 136 décès dans ce pays de plus de 100 millions d’habitants, où l’épidémie continue de s’étendre, a averti vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ebola est toutefois «sous contrôle» en Ouganda, a affirmé jeudi Jean Kaseya, le directeur général de l’agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC), qui a salué le suivi des cas contacts dans ce pays d’Afrique de l’Est.

En visite lundi en Ouganda, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus avait lui aussi loué la stratégie de Kampala, pointant notamment un «taux de létalité (...) inférieur à 1%».

Dans un post du X, la numéro 2 du ministère de la Santé ougandais, la Dr Diana Atwine, a critiqué les «restrictions de voyage injustes imposées à l’Ouganda en raison de la situation actuelle liée à Ebola».

Plusieurs pays, dont les Etats-Unis ou le Canada, ont interdit d’accès à leur territoire les Ougandais du fait d’un risque de propagation d’Ebola. Les Congolais et Sud-Soudanais sont également concernés.

Une mesure également prise le 5 juin par les Emirats arabes unis, alors qu’un des cas concernés en Ouganda concernait un ressortissant congolais qui s’était rendu aux Émirats avant d’entrer sur le territoire ougandais.

«L’Ouganda a fait preuve de transparence dès le départ, partageant rapidement les informations et mettant en œuvre des mesures rigoureuses qui ont constamment empêché l’exportation de cas d’Ebola au-delà de nos frontières», a-t-elle poursuivi.

«Tout en reconnaissant la nécessité de rester vigilants, nous estimons que des restrictions générales sapent la confiance envers les pays qui signalent ouvertement les flambées épidémiques et ne sont pas proportionnées au risque réel», a encore regretté la Dr Atwine.

Ebola, qui se transmet par contact rapproché et par les fluides corporels, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 13/06/2026 à 07h55