Les établissements scolaires privés catholiques affichent des taux de réussite exceptionnels, dépassant régulièrement les 90% au baccalauréat. Des résultats nettement supérieurs à la moyenne nationale, qui était de 42,85% en 2025, et qui font de ces établissements une référence en matière d’encadrement, de discipline et de réussite scolaire.
Derrière les bons résultats enregistrés chaque année, l’administration évoque avant tout une culture du travail solidement ancrée dans l’établissement. Ici, la réussite n’est pas présentée comme un hasard, mais comme le fruit d’un effort quotidien partagé par les enseignants, les élèves et les parents.
Siméon Ndour, directeur de l’école Saint-Joseph de Rufisque, réagit: «Non, je dirais qu’il n’y a pas de secret. Pas de secret, parce que, comme vous le savez, notre devise, c’est le travail, la discipline et la rigueur qui aboutissent à la réussite. Donc, je dirais qu’il n’y a pas de secret. Le seul secret, c’est le travail. Le travail dans la discipline.»
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Dans les salles de classe, les enseignants insistent eux aussi sur l’importance de l’encadrement et de la constance dans le suivi pédagogique. Une méthode qui, selon eux, permet de maintenir un environnement favorable aux apprentissages. Léontine Teixeira, institutrice, nous en dit plus: «Le secret, quel est-il? C’est d’abord la discipline, parce que sans elle, on ne peut pas travailler dans de bonnes conditions. Donc, ici, il y a la discipline, il y a l’assiduité des enseignants et il y a les solutions que l’on met en œuvre pour garantir une éducation de qualité.»
Au-delà de la discipline, l’organisation apparaît également comme l’un des piliers du modèle des écoles catholiques. Remplacement immédiat des enseignants absents, respect du quantum horaire et séances d’études surveillées: tout est pensé pour éviter les retards dans les apprentissages. Du côté des parents d’élèves, il n’y a aucune hésitation. Ces écoles privées catholiques, implantées depuis la période coloniale pour assurer l’éducation des enfants des colons, offrent aujourd’hui ce qui se fait de mieux en matière d’enseignement.
«Nous avons tout de même constaté que les écoles privées catholiques obtenaient d’excellents résultats. En début comme en fin d’année, notamment lors du Concours général, ce sont très souvent les établissements privés confessionnels, en particulier les écoles privées catholiques, qui se distinguaient par leurs performances remarquables. La plupart de leurs élèves figuraient d’ailleurs parmi les meilleurs du classement.»
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Dans la cour de l’école, les élèves parlent d’un environnement rassurant, mais surtout exigeant. Beaucoup disent avoir découvert dès leur arrivée une rigueur qui pousse chacun à donner le meilleur de lui-même. Louise Loraine Delphine Sarr, élève: «Je suis arrivée dans cette école en classe de CE2 et j’ai été tout de suite marquée par la rigueur des études dans cet établissement. Il faut savoir que l’école se trouve dans un cadre très accueillant pour les enfants. Nous avons tous les niveaux, du préscolaire jusqu’au lycée. On voit donc que l’école prend soin du niveau d’étude des élèves ainsi que de leur comportement au sein de l’établissement.»
Dans les classes, les élèves évoquent également un climat d’apprentissage basé sur l’écoute et l’accompagnement. Une proximité avec les enseignants qui encourage les enfants à travailler davantage et à viser l’excellence. Elisabeth Géraldine Ndiaye, élève, explique: «Ça se passe très bien. Je suis très contente d’être dans cette classe avec une maîtresse très gentille qui essaie de nous faire réussir notre année. Au premier trimestre, j’aimais beaucoup la classe; je faisais tout mon possible pour être sage et j’essayais toujours de bien travailler pour avoir de bonnes notes et ne pas avoir de moyennes insuffisantes.»
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L’emploi du temps soutenu fait aussi partie des particularités de l’établissement. Un rythme que les élèves disent comprendre, car il leur permet de rester à jour dans les programmes et d’éviter les retards souvent constatés ailleurs. Vincent Antan, élève, explique: «On a un emploi du temps fixe: de 8h à 16h, et les mercredis de 8h à 13h. Certains diront qu’il nous faudrait plus d’heures creuses, mais je pense que c’est un très bon emploi du temps. C’est grâce à cela que l’on peut combler certaines lacunes et que nous n’avons pas besoin de faire de grèves, car nous sommes en avance sur les leçons par rapport à plusieurs autres écoles et établissements.»
Au-delà des résultats scolaires, l’école cherche également à former des citoyens capables de s’exprimer et de participer activement à la vie de leur établissement. Une dimension éducative que les élèves eux-mêmes mettent en avant. Léontine Teixeira, institutrice: «Comme on dit, l’école est une maison où l’enfant a le droit d’être libre de dire ce qu’il pense et de participer à tout ce qui s’y fait. Grâce à ce défi, nous montrons que l’enfant n’est pas une “boîte noire”: un enfant a toujours quelque chose à dire et une connaissance à partager.»
Dans les écoles catholiques du Sénégal, la recette semble donc reposer sur un équilibre entre discipline, encadrement et exigence. Un modèle qui continue de produire des résultats remarquables et qui, pour beaucoup de parents, demeure encore aujourd’hui une valeur sûre de l’enseignement sénégalais.
