Guinée: des milliers d’étrangers interpellés après l’interdiction de l’orpaillage clandestin

Le 06/11/2026 à 07h32

Le gouvernement guinéen a annoncé jeudi soir que des milliers d’orpailleurs étrangers incluant des Burkinabè et des Maliens avaient été interpellés sur des sites d’orpaillage clandestins dans le pays puis remis à leurs ambassades respectives, après l’interdiction de cette activité cette semaine.

Les mines d’or de Guinée attirent de nombreux ressortissants ouest-africains, notamment des Burkinabè. La région de Siguiri (nord-est) est l’une des principales zones aurifères de Guinée, l’un des principaux producteurs d’or sur le continent africain.

Mais lundi, le gouvernement guinéen a annoncé l’interdiction formelle de l’exploitation artisanale de l’or dans plusieurs zones du nord-est du pays, ainsi que le déploiement permanent des forces de défense et de sécurité pour faire respecter cette mesure.

«Des milliers d’orpailleurs de différentes nationalités parmi lesquels 409 Burkinabè et 606 Maliens ont été interpellés après cette interdiction. Ils ont été remis aux représentations diplomatiques de leurs pays respectifs dans le cadre d’une démarche privilégiant les relations de bon voisinage», a affirmé le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, à l’issue d’une rencontre avec des diplomates en poste à Conakry, sur la télévision publique.

Le Burkina Faso organise cette semaine le rapatriement de milliers de ses ressortissants de Guinée, après les mesures prises par Conakry, a appris l’AFP mercredi auprès d’une source au sein du gouvernement burkinabè et d’un média d’Etat.

«La protection de l’environnement ne peut être sacrifiée au nom de la fraternité africaine. Combien de personnes ont été hospitalisées à cause du cyanure», un produit chimique utilisé par les orpailleurs dans leur activité, a affirmé M. Kouyaté.

Le chef de la diplomatie guinéenne a cité la destruction de cours d’eau et de forêts et la mort d’animaux parmi les dégâts causés par l’orpaillage illégal. Il a indiqué que ces nuisances environnementales étaient incompatibles avec les engagements internationaux de la Guinée.

L’exploitation artisanale de l’or dans la région de Siguiri y constitue une importante source de revenus pour la population, mais elle est régulièrement associée à des problèmes de dégradation environnementale et de sécurité.

Des missions d’inspection et d’évaluation menées ces derniers mois à Siguiri ont notamment révélé une dégradation alarmante des sols, des terres agricoles et du couvert végétal, ainsi que la pollution et l’ensablement de cours d’eau, selon un communiqué du gouvernement publié lundi.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 06/11/2026 à 07h32