Sous un ciel lumineux de fin avril, Conakry a vécu au rythme des inaugurations. De Kakimbo à Kassoya, en passant par Kissosso, Démoudoula et Kiroti, les autorités ont officiellement livré cinq ponts devenus des symboles d’attente et de transformation pour des milliers d’habitants.
À Kakimbo, dans la commune de Ratoma, le nouvel ouvrage surplombe un marigot longtemps impraticable en saison des pluies. Pour beaucoup, cette inauguration a un goût de délivrance. «Ces cinq ponts changent la vie de milliers de personnes qui n’ont plus la hantise de devoir se lever à 5h du matin pour réveiller qui n’ont école qu’à 8h. Imaginez le traumatisme que cela cause à ces petits êtres», a souligne Bah Oury, Premier ministre.
Sur les axes désormais ouverts, les premières motos et voitures circulent avec une fluidité encore inhabituelle.
Une réalité qui n’échappe à Mamady Soumaila Cond usager de la route et ingénieurs derrière la réalisation de ces infrastructures: «même si j’ai une voiture, je préfère la moto parce que le déplacement n’est pas du tout aisé à Conakry. Mais avec la réalisation de ces ponts, qui allègent la circulation, je suis ravi».
Ce sentiment de soulagement se mêle aussi à des souvenirs plus douloureux, notamment dans certaines zones longtemps enclavées. Bah Oury, Premier ministre: «Je ne peux pas vous dire le calvaire qu’on a subi pendant très longtemps, parce qu’il n’y avait qu’un seul accès pour se rendre en ville. Et à chaque fois, on se posait la question: “mais qu’est-ce qui empêche les autorités d’envisager des bretelles pour faciliter la vie des citoyens?” A Kasoya, beaucoup de personnes se sont noyées parce qu’il n’y avait pas de pont».
Des chantiers de Kakimbo, aux travaux à Kissosso ou à Kassoya... autant d’étapes qui ont jalonné la réalisation de ces infrastructures devenues trait d’union entre quartiers, passerelles vers l’école, le travail et les marchés.
