Conakry. Voirie urbaine: bitumage des quartiers, les citoyens entre satisfaction et réserves

Bitumage des ruelles à Conakry.

Le 26/04/2026 à 10h43

VidéoÀ Sonfonia comme à Simambossia, la transformation des ruelles intérieures de Conakry redessine le quotidien des habitants. Si le bitumage engagé depuis un an améliore la mobilité, il soulève aussi des préoccupations.

À Sonfonia, le contraste est saisissant. Dans certaines zones, les ruelles non goudronnées dominent encore le paysage: sol sablonneux, paquets de poussière soulevés au passage des motos, flaques d’eau stagnante en saison pluvieuse. Mais quelques mètres plus loin, l’image change radicalement.

Des voies désormais bitumées s’étendent à perte de vue, facilitant la circulation, offrant un nouveau visage à ces quartiers longtemps enclavés.

Depuis maintenant un an, les autorités se sont engagées dans une dynamique de modernisation des voiries secondaires, avec pour ambition de désenclaver les quartiers et fluidifier la circulation. Une initiative saluée par de nombreux habitants, même si tout n’est pas encore parfait.

À Simambossia, les populations reconnaissent les avancées, tout en exprimant des inquiétudes. Ousmane Camara, habitant du quartier, explique: «J’habite dans ce quartier depuis plus de 25 ans. Il est vrai que des travaux de goudronnage des petites ruelles de l’intérieur des quartiers sont presque achevés mais les caniveaux sont bouchés. Ce n’est pas encore la saison des pluies, mais ça nous inquiète».

Pour d’autres, les bénéfices sont déjà visibles, notamment sur la fluidité du trafic. Saïdou Baldé en est témoin: «Actuellement, dans ces ruelles qui servent de déviation, il n’y a plus d’embouteillages. Le seul problème ce sont les conducteurs de taxi moto qui filent à vive allure provoquant beaucoup d’accidents. Il va falloir penser à mettre des dos d’âne».

Mais les travaux en cours ne sont pas sans désagréments. La poussière et les résidus de chantier compliquent le quotidien des riverains. Saïdou Baldé n’en a pas fini avec ses remarques: «la poussière générée par les travaux, les débris de béton et ciment qui emplissent l’atmosphère au moindre passage d’un engin roulant... la zone est donc invivable actuellement».

Entre satisfaction et préoccupations, ces témoignages traduisent une réalité nuancée: celle d’un chantier urbain en pleine évolution, porteur d’espoir, mais qui nécessite encore des ajustements pour répondre pleinement aux attentes des populations.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 26/04/2026 à 10h43