Niamey: deux fois centenaire (et peut-être plus), le marché de Boubon vit toujours ses meilleurs jours

Le marché hebdomadaire de Boubon au Niger.

Le 06/05/2026 à 11h40

Chaque mercredi, le village de Boubon se transforme en carrefour d’échanges depuis au moins deux cents ans. Sur la rive gauche du troisième plus long fleuve d’Afrique, la poterie façonnée de mains de femmes, le bétail, les légumes irrigués par le fleuve Niger, le riz local... attirent une clientèle qui trouve son compte et sa culture. Ambiance.

Il est midi passé de quelques minutes, sous un soleil ardent, Adamou Abdoulaye vient accomplir l’une de ses routines hebdomadaires car, situé à seulement 25 km de Niamey, le village de Boubon s’anime chaque mercredi au rythme de son marché hebdomadaire.

«C’est une habitude depuis plusieurs années, chaque semaine c’est ici que je viens m’approvisionner en denrées alimentaires pour ma famille» explique Adamou Abdoulaye, un visiteur qui a ses habitudes dans ce marché qui a traversé les siècles, «depuis le XVIe» disent certaines sources.

Daouda Issa, représentant du chef du village de Boubon, ne dissimule pas sa fierté d’être natif de cette agglomération qui a vu passer tant de civilisations. «Ce marché est deux fois centenaire. C’est un lieu qui conjugue à la fois commerce, rencontres et traditions».

Véritable carrefour d’échanges, ce rendez-vous attire commerçants, artisans et visiteurs venus de plusieurs localités.

Ici, les étals regorgent de produits divers: denrées alimentaires, objets artisanaux, poteries, produits du terroir, légumes irrigués des eaux du fleuve, bétail...

«Je suis venu comme d’habitude avec mes poteries. Ce marché constitue le principal endroit qui me permet d’écouler mes articles», explique Djibo Koda, marchand.

Mais Boubon est surtout connu pour ses poteries. Œuvres de mains féminines, la fabrication de ces objets utilitaires s’est développée grâce à la disponibilité de l’argile charriée par le fleuve Niger.

Comme ses consœurs, Hammani Tahirou propose une large gamme de ces objets qui confinent bien souvent à la création artistique «c’est ici que je réalise mon meilleur chiffre d’affaires».

Pour les visiteurs, c’est surtout la proximité et l’accessibilité des prix qui expliquent leur présence dans ce marché qui «nous permet d’avoir des produits en quantité et à des prix plus bas comparativement aux autres jours de la semaine», explique Abdou Harouna, visiteur.

Chaque mercredi, le marché de Boubon confirme ainsi son rôle de pôle commercial majeur, mais aussi de lieu de vie où se perpétuent les traditions et les échanges sociaux.

En plus de la marchandise qui y vendue, ce village est le point de rencontre des cultures locales. En avril dernier, Boubon a accueilli la 7e édition du Festival des civilisations du fleuve Niger (Alzanae), qui met en valeur la culture des communautés songhai, haoussa, touaregs et celle des pêcheurs bozo.

Le marché de Boubon permet de voyager dans le temps tout en faisant ses emplettes.

Par Aboubacar Sarki (Niamey, correspondance)
Le 06/05/2026 à 11h40