Ouagadougou: des bancs publics pour recharger son moral et son portable

Des bancs publics offrant la possibilité de recharger son téléphone à Ouagadougou.

Le 26/06/2026 à 09h03

VidéoLe long du boulevard Thomas Sankara, à l’entrée de l’université, les nouveaux bancs équipés de dispositifs solaires de recharge attirent de plus en plus d’étudiants. Installés par le programme Faso Mêbo, ce mobilier urbain innovant offre à la fois un espace de repos et une solution pratique pour recharger les téléphones portables.

Depuis la mise en service des bancs publics, les étudiants disent apprécier ces infrastructures qui facilitent leur quotidien. Entre deux cours, beaucoup en profitent pour se détendre, réviser ou échanger avec leurs camarades tout en rechargeant leurs appareils.

Une commodité jugée utile dans un contexte où le téléphone est devenu un outil indispensable pour les recherches et les travaux académiques.

«Je pense que ça va beaucoup aider les étudiants en leur permettant de recharger leurs téléphones. Et il n’y a pas que les étudiants pour en bénéficier mais les passants aussi», salue Marie-Madeleine Ilboudo, étudiante en Droit.

Cette innovation est largement saluée par les bénéficiaires. Pour eux, Faso Mêbo démontre qu’il est possible d’allier technologie, énergie renouvelable et confort au service de la communauté estudiantine.

Lancée en 2024, l’initiative Faso Mêbo, terme qui provient d’une combinaison de mots en langues nationales burkinabè, le moré et le dioula, qui signifie le pays se construit, témoigne de la volonté des autorités d’apporter des réponses appropriées aux préoccupations des citoyens et s’articule autour de deux volets. Le premier concerne la construction d’infrastructures routières, le second porte sur l’aménagement et l’embellissement urbain à travers la construction de logements décents, l’assainissement et la création d’espaces publics verdoyants.

Certains estiment même que ce type d’équipement devrait être multiplié dans les différents campus du pays afin d’améliorer les conditions de vie et d’étude des étudiants.

«Quand nous sommes arrivés pour la première fois à Ouagadougou, on ignorait que notre université pouvait être aussi accueillante et c’est la première chose que l’on voit dès l’entrée en ville. Tout ça, c’est le travail de Faso Mêbo. C’est vraiment impeccable. Nous les encourageons à tenir bon», fait remarquer Augustin Zaba, étudiant en fin de cycle dans le département anglophone.

Mais pour que ces installations profitent durablement à tous, les usagers lancent un appel à la responsabilité. Ils invitent leurs camarades à préserver ces biens communs, à éviter les actes de vandalisme et à en faire un usage citoyen afin qu’ils restent fonctionnels le plus longtemps possible.

«Je pense qu’il faut interpeller les étudiants, nous devons être les gardiens de ces infrastructures-là. Parce que tout le monde peut en faire usage, mais si on n’y prête pas attention, des individus malintentionnés pourraient les saboter», lance Iliassa Komi, étudiant en 3ᵉ année de Lettres modernes.

À titre de rappel, Faso Mêbo en mooré «le Burkina se construit» est une initiative présidentielle lancée en octobre 2024 au Burkina Faso par le Capitaine Ibrahim Traoré. Devenue l’Agence Faso Mêbo en janvier 2026, un établissement public doté de logistique lourde travaillant conjointement avec le Génie militaire, elle vise à accélérer le désenclavement et l’aménagement urbain en fabriquant des pavés et construisant des infrastructures à moindres coûts grâce au volontariat.

Par Jean Paul Windpanga Ouédraogo (Ouagadougou, correspondance)
Le 26/06/2026 à 09h03