Dans un pays où le salaire mensuel moyen est estimé entre 90.000 et 106.000 F CFA, réussir à dégager un bénéfice mensuel de 300.000 à 400.000 F CFA constitue une performance remarquable.
C’est le cas de Serigne Saliou Sow. Commerçant depuis plusieurs années, il gagne aujourd’hui bien mieux sa vie que de nombreux salariés, même s’il a fallu insister avant qu’il accepte d’évoquer ses revenus. «Cela varie. En tout cas, on s’en sort. Aujourd’hui, on réalise un bénéfice qui oscille entre 300 000 et 400 000 francs CFA par mois».
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Une réalité qui illustre l’évolution des mentalités. Pour une partie de la jeunesse sénégalaise, la réussite ne passe plus forcément par un emploi de bureau ou un concours de la fonction publique. L’objectif est désormais de créer de la valeur, d’être indépendant et de développer sa propre entreprise.
Cette dynamique se retrouve également dans les industries créatives. Oumar Guèye a fait le pari de l’audiovisuel, un secteur en pleine expansion au Sénégal. Son entreprise réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires annuel compris entre 60 et 70 millions de francs CFA. Un résultat dont il est fier, même s’il estime n’être qu’au début de son parcours. «En termes de chiffre d’affaires, ce n’est pas encore exceptionnel. Nous réalisons entre 60 et 70 millions de francs CFA par an. Ce n’est pas encore énorme, mais nous évoluons bien dans notre secteur et, petit à petit, nous continuons à grandir».
Au-delà des chiffres, ces parcours traduisent une transformation profonde du rapport au travail. L’entrepreneuriat n’est plus seulement une solution par défaut ; il devient une ambition assumée, portée par des Sénégalais qui misent sur leur savoir-faire, leur créativité et leur capacité à prendre des risques.
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Pour autant, ces entrepreneurs estiment pouvoir aller encore plus loin si les conditions d’accompagnement étaient réunies. Accès au financement, formation, formalisation des activités et partenariats constituent, selon eux, les principaux leviers pour accélérer leur développement. «À l’avenir, nous aimerions développer d’autres activités, devenir également de véritables opérateurs économiques. C’est pourquoi nous lançons un appel aux partenaires internationaux afin qu’ils accompagnent les entrepreneurs africains, en particulier les entrepreneurs sénégalais. Ils sont fiables, portent des projets solides et développent des activités rentables».
Selon les estimations disponibles, un enseignant du primaire au Sénégal perçoit généralement entre 170.000 et 400.000 F CFA par mois selon son statut et son ancienneté, tandis qu’un professeur du secondaire débute souvent autour de 240.000 F CFA avant d’évoluer avec sa carrière.
Des rémunérations parfois inférieures aux bénéfices que certains entrepreneurs du secteur informel parviennent désormais à dégager chaque mois. Une réalité qui contribue à changer le regard sur l’entrepreneuriat. Le bureau ne fait plus autant rêver. Pour une nouvelle génération de Sénégalais, la réussite se construit désormais en créant son propre emploi plutôt qu’en attendant qu’on leur en offre un.
