Tchad: 72 militaires blessés au Tibesti, où les affrontements se poursuivent

DR

Le 29/10/2026 à 08h20

Au moins 72 militaires blessés au Tibesti, dans le nord-ouest du Tchad, ont afflué vers N’Djamena ces derniers jours, selon une source sécuritaire, alors que les affrontements entre l’armée et une milice locale se poursuivent depuis une attaque le 14 octobre.

La province désertique et montagneuse du Tibesti, frontalière de la Libye et du Niger, est en proie à de vives tensions liées à l’exploitation d’importantes réserves d’or.

Depuis l’indépendance du Tchad en 1960, la région attire la convoitise d’innombrables orpailleurs illégaux, tchadiens, soudanais et originaires d’autres pays d’Afrique, ainsi que des militaires.

«Depuis le déclenchement des hostilités (...), les forces gouvernementales déplorent 72 blessés transférés tous à l’hôpital militaire de N’Djamena où l’accès est contrôlé par les militaires», a indiqué à l’AFP mercredi une source militaire sous couvert d’anonymat.

Le gouvernement tchadien n’a pas toujours pas communiqué officiellement sur ces évènements et n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

«La situation à Miski est très tendue depuis la reprise des affrontements», a rapporté à l’AFP Ahmet Molikini, le porte-parole du Comité d’autodéfense de Miski. «L’armée est en difficulté et a déjà subi d’importantes pertes humaines et matérielles», a-t-il déclaré, affirmant que «Miski reste sous le contrôle du Comité d’autodéfense».

La localité de Miski, située à environ 200 kilomètres de Bardaï, le chef-lieu de la province, est contrôlée depuis plusieurs années par cette milice qui empêche l’Etat d’y accéder aux fins d’exploitation des ressources du sous-sol.

Le 14 octobre, deux membres de la Brigade minière, des forces de sécurité dépendantes du ministère des Mines, ont été tués et neuf autres blessés dans une attaque perpétrée par le comité d’autodéfense de Miski.

Le comité d’autodéfense accuse la Brigade minière d’avoir «introduit des activités d’exploitation aurifère et des prélèvements auprès des orpailleurs, en contradiction» avec l’accord de paix signé en 2025 avec les autorités tchadiennes.

«Le Comité déplore toute perte de vie humaine, quel que soit le camp, et demande la démilitarisation de la zone de Miski ainsi que la reprise du dialogue afin de garantir le respect et l’application de l’accord de paix», assure son porte-parole.

La semaine dernière, quatre personnes soupçonnées d’avoir participé à l’attaque du 14 octobre ont été interpellées, a annoncé un responsable militaire à la télévision tchadienne.

L’accord de 2025 prévoit une amnistie générale pour les membres des forces tchadiennes de défense et de sécurité et pour ceux du Comité d’autodéfense de Miski qui ont participé aux affrontements survenus en 2019 et 2020.

L’accord a également entraîné l’annulation de tous les permis d’exploitation minière et la suspension de toutes les activités minières dans la zone de Miski et ses environs, en attendant les conclusions d’études cartographiques.

Un premier accord avait été signé en 2019 entre la milice et le gouvernement d’Idriss Deby Itno, père de l’actuel président Mahamat Idriss Deby, qui n’avait jamais été appliqué.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 29/10/2026 à 08h20