Afrique du Sud: alerte de l’ONU sur les violences racistes contre les migrants

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Le 28/08/2026 à 07h14

Le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale a lancé une alerte jeudi sur une recrudescence «de la xénophobie et des crimes de haine» visant les migrants en Afrique du Sud depuis le début de l’année.

Le Cerd fait notamment état d’homicides, de déplacements forcés, d’enlèvements, de pillage et de descentes illégales au domicile de migrants, ainsi que de restrictions dans l’accès aux services essentiels, tels que les soins de santé et l’éducation.

Les 18 experts du comité de l’ONU dénoncent «la multiplication des discours de haine racistes et la diffusion de stéréotypes visant les migrants, réfugiés et demandeurs d’asile par des mouvements civiques tels que Insizwa Nobunsizwa Development Foundation et March and March, notamment sur internet et les réseaux sociaux».

Pays le plus riche du continent, l’Afrique du Sud attire depuis longtemps les migrants, mais elle est confrontée à un taux de chômage supérieur à 30% et à de profondes inégalités. Depuis plusieurs mois, des organisations citoyennes, soutenues par des partis politiques, manifestent pour réclamer le départ de tous les immigrés en situation irrégulière d’Afrique du Sud.

A la mi-août, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a exprimé la «profonde préoccupation» et la «honte» de son pays face aux discriminations et aux mauvais traitements subis ces derniers mois par des ressortissants d’autres pays.

Au moins quatre migrants ont trouvé la mort dans des violences, selon la police sud-africaine.

Selon le Cerd, 50.000 migrants ont été «déplacés par des civils et des groupes d’autodéfense organisés».

Le comité appelle les autorités à prendre des mesures contre les groupes racistes organisés d’autodéfense, notamment en empêchant leur formation, en les interdisant et en les démantelant.

Il s’inquiète de l’insuffisance des mesures pour s’attaquer aux causes profondes des discriminations raciales et des crimes de haine visant les migrants, «notamment les inégalités socio-économiques persistantes héritées de l’apartheid» et déplore les retards dans la délivrance et le renouvellement des documents d’identité et des visas.

Le comité souligne également que les forces de l’ordre n’auraient pas pris les mesures nécessaires pour prévenir et lutter contre les crimes de haine raciste et les actes de violence à l’encontre des migrants.

Par le360
Le 28/08/2026 à 07h14