Un mois après la détection du premier cas confirmé positif Covid-19, la maladie est rentrée dans sa phase de transmission communautaire, après des cas essentiellement importés. Cinq régions du pays sur dix sont désormais touchées.
Cependant, malgré l'intense campagne de communication menée sur la maladie, celle-ci continue à être perçue par certains habitants comme une «maladie de la honte».
D'où les nombreux cas de personnes présentant des symptômes qui pourraient mener à un test de dépistage du Covid-19 et qui dissimulent cette maladie, ou qui refusent de se soumettre à ce test, voire de s'astreindre à une mise en quarantaine.
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«Je voudrais déplorer l’attitude de nos concitoyens qui s’abstiennent d’aller dans les formations sanitaires lorsqu’elles souffrent de pathologies autres que le coronavirus, pour des raisons qu’il convient de ne pas amplifier. En agissant ainsi, ils s’exposent eux-mêmes à une dégradation de leur état de santé. Je voudrais ici dire solennellement que le coronavirus n’est ni un facteur de honte, ni une maladie invalidante. Elle n’annule pas non plus la présence d'autres maladies qui continuent de décimer», a déclaré le Dr Alain Georges Etoundi Mballa, directeur de la lutte contre la maladie et les pandémies au ministère de la Santé publique, lors d'un point de presse lundi 13 avril 2020.
Par ailleurs, des formations sanitaires ne réfèrent pas non plus systématiquement tous les cas suspects de Covid-19 au système de détection et de prise en charge des patients positifs.
«Il est inacceptable que certains dissimulent des cas suspects pour des raisons encore inconnues, et mettent ainsi en danger non seulement la vie des patients (...) ainsi que celle du personnel soignant. De telles manœuvres sont intolérables et nous n’hésiterons pas à prendre des mesures drastiques pour les endiguer», martèle le Dr Etoundi Mballa.
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Autre indicateur de cette défiance de la part de certains, la campagne de dépistage massif lancée à Douala, la métropole économique.
Celle-ci a permis d’obtenir, en termes de résultats, 80.366 ménages touchés. Soit 198.640 personnes, avec un taux d’acceptation de l'ordre de 85,2%, «ce qui laisse quand même songeur, face au refus de 14,8% de personnes devant la nécessité de sensibiliser, éduquer et tester», affirme le directeur de la lutte contre la maladie et les pandémies.
«Le Covid-19 n'est pas une maladie de la honte. Et donc, on n'a pas à cacher le fait qu'on soit malade du Covid-19», a tenu à rappeler le ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda, sur les ondes de la radio publique, la CRTV.




