Le cinéma africain est en deuil. Le réalisateur camerounais Bassek Ba Kobhio est décédé dans la nuit du 11 au 12 mai à Yaoundé, des suites d’une maladie. Il avait 69 ans. Avec lui disparaît l’une des figures les plus engagées du septième art du continent.
Né le 1er janvier 1957 à Nindjé, dans la région du Littoral au Cameroun, Bassek Ba Kobhio entame des études en sciences sociales et en philosophie, avant de se tourner vers le cinéma.
En 1991, il signe son premier long métrage Sango Malo, qui remporte le Prix du public au festival du cinéma africain de Milan. Le succès est immédiat et le film demeure à ce jour son œuvre la plus emblématique, enseignée dans plusieurs universités et régulièrement projetée dans des festivals du à travers le monde.
Viendront ensuite Le Grand Blanc de Lambaréné, Le Silence de la forêt et Gouverneurs de la Rosée, autant d’œuvres portées par une volonté constante de raconter l’Afrique selon ses propres réalités.
En 1997, il fonde à Yaoundé le festival «Écrans noirs», dans un contexte où le cinéma africain manquait cruellement de vitrines structurées. Contre vents et marées, il en fait l’un des rendez-vous les plus courus du continent, un espace de formation, de diffusion et de résistance culturelle où réalisateurs, acteurs et scénaristes se croisent et forgent les nouvelles générations du cinéma africain.
Son lien avec le Maroc était profond et reconnu. Le Festival International du Cinéma Africain de Khouribga, avait d’ailleurs prévu de lui rendre un vibrant hommage lors de sa 26ème édition, prévue du 30 mai au 6 juin prochain. Cette distinction lui était réservée en reconnaissance de son engagement dans le développement et le rayonnement du cinéma africain à l’échelle continentale et internationale. La mort l’aura privé de cet hommage mérité sur une terre qu’il considérait comme l’une des siennes.
Ses proches révèlent qu’il préparait avec enthousiasme la trentième édition d’Écrans noirs au moment de sa disparition. Son directeur artistique, Narcisse Wandji, a évoqué le devoir collectif de faire exister ce festival au-delà des générations, suggérant que la prochaine édition sera une édition hommage.
Sur les réseaux sociaux, au Cameroun et au-delà, les hommages affluent, saluant en lui un grand bâtisseur culturel et une perte immense pour le septième art africain.
