Burkina Faso. Contre la canicule et la poussière, la végétalisation urbaine réconcilie ville et nature

Des aménagements urbains à Ouagadougou.

Le 10/05/2026 à 16h17

VidéoLe Burkina Faso veut replacer la nature au cœur de ses centres urbains. Le lancement, le 4 mai 2026 à Ouagadougou, du programme national d’aménagement paysager dans onze centres urbains dépasse le simple embellissement de la capitale, mais l’objectif est d’en faire une ville plus respirable, accueillante et humaine. Atout majeur: le verdissement urbain fait baisser la température de 2°C.

Le programme national d’aménagement paysager prévoit l’aménagement de 80 espaces verts, 60 ronds-points et la réalisation de 65 kilomètres de voirie végétalisée. Ces chiffres traduisent l’ambition de transformer progressivement le visage des villes burkinabè.

Dans certains centres urbains souvent poussiéreux, écrasés par la chaleur et souffrant de déficit en espaces de détente, ces aménagements, à l’instar de l’espace vert situé au pied de l’échangeur de Ouaga 2000, pourraient contribuer à améliorer le quotidien des habitants et pas que.

«Vous ne pouvez pas imaginer la joie que j’ai eue de voir ces espaces aménagés. Pourquoi, parce que je suis de la diaspora burkinabè, je vis au Sénégal et je suis là depuis une semaine. Et quand je suis arrivée, j’ai trouvé ces espaces et j’étais totalement séduite», se réjouit le Dr Ines Bationo, Burkinabè en visite dans son pays.

«Ça change l’environnement. Sinon avant c’était de la terre, c’était rouge, il n’y avait rien de particulier. Mais là, c’est beau, il y a un microclimat qui s’est créé et c’est ce dont on a besoin. C’est vrai que nous sommes un pays sahélien mais quand la canicule monte, il le souci de l’écologique soit mieux partagé», appelle Mahamadi Ouedraogo, leader associatif.

De nombreuses études réalisées dans plusieurs villes du monde montrent que la végétalisation des villes peut constituer une réponse naturelle à la montée des températures urbaines, les arbres de rue apportent de l’ombre et limitent la chaleur ressentie.

«Multiplier les espaces verts, les toitures végétalisées et les arbres permettrait de réduire la température moyenne en ville d’environ 2°C, atténuant les impacts sanitaires des canicules» attestent des recherches selon lesquelles sous couvert forestier, la température maximale est en moyenne de 4°C plus basse que dans les espaces ouverts.

Au-delà de l’aspect environnemental, cette initiative peut également renforcer le civisme et le sentiment d’appartenance des citoyens. Les espaces verts deviennent alors des lieux de rencontre, de repos et parfois même de cohésion sociale.

Cependant, la réussite du programme dépendra surtout de sa durabilité. Planter des arbres est une chose, les entretenir sur le long terme en est une autre.

«Après l’aménagement, il faudra établir des conditions d’accès à ces espaces pour permettre à la mairie et au ministère chargé de l’Environnement de faire des recettes qui permettront de prendre soin de ces lieux», estime Lassané Sawadogo, acteur de la société civile, visiteur.

«On est très content. C’est un lieu pour se détendre en premier lieu et permet de développer le tourisme burkinabè», se réjouit Sidoine Nakanabo, une visiteuse.

À travers cette opération, le Burkina Faso envoie un message important : une ville moderne n’est pas seulement faite de routes et de bâtiments, mais aussi d’arbres, d’ombre et d’espaces où les citoyens peuvent respirer et se retrouver.

Par Jean Paul Windpanga Ouédraogo (Ouagadougou, correspondance)
Le 10/05/2026 à 16h17