Burkina Faso. Enseignement secondaire: une réforme ambitieuse pour mieux préparer les jeunes au monde du travail

Le 15/05/2026 à 10h35

VidéoUne nouvelle réforme de l’enseignement secondaire est entrée en vigueur début mai 2026. Adopté en Conseil des ministres, le décret vise à décloisonner le système éducatif en regroupant l’enseignement général, technique et professionnel au sein des collèges et lycées.

Dans plusieurs établissements de Ouagadougou, élèves et parents saluent cette réforme basée sur les classes polyvalentes. Concrètement, les apprenants suivront à la fois des matières générales et des initiations pratiques à différents métiers: informatique, mécanique, agriculture, couture ou encore électricité.

Pour les autorités, cette réforme qui s’inscrit en droite ligne de la vision de la Révolution progressiste et populaire, doit permettre de réduire le chômage des jeunes et de valoriser davantage les filières techniques et professionnelles, longtemps reléguées au second plan.

«C’est une belle initiative que nous apprécions et félicitons le gouvernement pour cet acte. Cela va permettre à nos élèves de savoir quel métier ils choisiront plus tard. C’est un plus dans leur formation», salue Armand Ouédraogo, parent d’élève, pour qui la décision vient à point nommé.

Chez certains élèves, l’idée suscite de l’enthousiasme. Nadia Zerbo aimerait apprendre bien plus que les cours classiques. «C’est bien parce que ça donnera envie d’apprendre plus et de connaître ce qui se passe, par exemple, dans le domaine de l’électricité ou du le bâtiment. On remercie le gouvernement. Me concernant, je ne suis pas brillante en mathématiques. Mais si je peux apprendre à me débrouiller, ça serait bien», espère Awa Nadia Zerbo, élève en classe de troisième.

D’autres parents s’interrogent toutefois sur les moyens disponibles pour réussir cette transition: équipements, ateliers pratiques, formation des enseignants ou encore surcharge des programmes.

Qu’à cela ne tienne, pour Théodore, un autre élève, c’est une décision à saluer. Elle permettra à la jeunesse de contribuer au développement du pays.

«De mon point de vue, je trouve que ça va permettre aux élèves de se développer et d’augmenter leur niveau. Je pense que plus tard ils pourront s’en servir. Par exemple, si tu apprends la mécanique à l’école, tu pourras en faire un métier qui t’aidera à prendre soin de ta famille», estime Théodore Tassembedo, élève en classe de troisième.

Cette réforme marque un tournant majeur pour l’école burkinabè. Entre espoir de modernisation et inquiétudes sur son application concrète, parents et élèves attendent désormais de voir la réforme se matérialiser dans les établissements du pays.

Par Jean Paul Windpanga Ouédraogo (Ouagadougou, correspondance)
Le 15/05/2026 à 10h35