Guinée. Une seule salle pour tout un pays: clap de fin pour le cinéma populaire

Une salle de cinéma à Conakry.

Le 23/09/2026 à 12h41

VidéoDe Kaloum à Dabompa, les salles de cinéma ont fermé les unes après les autres, laissant des écrans éteints et souvenirs des séances populaires. Actuellement, le Centre culturel franco-guinéen abrite la seule salle obscure qui fonctionne encore au pays. Pourquoi les salles ferment-elles? Comment expliquer la difficulté à faire vivre le cinéma en Guinée?

Au Centre culturel franco-guinéen de Conakry subsiste l’unique salle de cinéma du pays. Ce jour, des enfants… essentiellement, se préparent… achètent leur ticket.

Et pourtant, il y a quelques années, Conakry disposait de plusieurs salles. Du cinéma de Kaloum à celui de Dabompa, en passant par d’autres espaces de projection, les salles faisaient partie du paysage culturel de la capitale. Mais, progressivement, elles ont baissé le rideau.

Pour Fatoumata Segnane Condé, critique de cinéma, cette disparition contraste avec une époque où les salles étaient de véritables lieux de rendez-vous pour les familles et les jeunes. «Je suis de la génération des années 70. Je me rappelle le cinéma Vox, Rialto, Le Triomphe... et les séances de 13 heures pour les mineurs accompagnés de leurs parents pour voir des films qui leur étaient destinés».

Aujourd’hui, cette culture de la salle semble avoir disparu. Produire des films ne suffit pas, encore faut-il pouvoir proposer au public des œuvres capables de trouver une audience.

Mamadou Atigou Diallo, responsable Cinéma du CCFG, explique: «Certes, on produit des films tous les jours. Mais quel film proposer au public guinéen et au public en général? Le CCFG ne peut pas se permettre de proposer n’importe quoi au public. Quand on parle de salle de cinéma qui répond aux normes, il faut proposer une programmation qui soit à la hauteur».

À cette difficulté s’ajoute celle des infrastructures. «Mais le défi qui se pose c’est peut-être le coût de construction et d’aménagement d’une salle de cinéma. Actuellement, il n’y a que le CCFG qui fonctionne à plein régime. Le coût est très élevé, mais il faut aussi un accompagnement. Les bailleurs devraient également s’intéresser davantage au cinéma et contribuer à son développement».

Ici, le projecteur continue donc de tourner. Pour combien de temps encore? La question interroge l’avenir de l’exploitation cinématographique en Guinée et de la capacité du pays à faire renaître un véritable réseau de salles.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 23/09/2026 à 12h41