Libreville: quand le cinéma se fait arme citoyenne contre les montagnes d’ordures

Le 27/06/2026 à 12h29

VidéoLa 3e édition du Festival international cinéma et liberté a démarré lundi 22 juin à Libreville. Ambiance électrique, public conquis et une affiche qui ne laisse personne indifférent: «L’insalubrité: ma ville propre, ma responsabilité». Le cinéma ne divertit pas, mais bouscule, éclaire et fédère.

Devant l’esplanade de la Baie des Rois, destinée à la projection des films, la directrice du festival, Pauline Mvele Nambané, a posé le cadre sans détour. «C’est un choix de la mairie de Libreville de sensibiliser la population sur les problèmes d’insalubrité. Le cinéma devient le vecteur pour récompenser les courts métrages qui répondent à leurs critères», a-t-elle expliqué. Et d’ajouter, avec une pointe de fierté: «Nous avons un programme alléchant, avec des projections en soirée. Des films emblématiques comme Mon ami Fela, Les Nounous, et un film allemand.»

Ce film allemand, c’est «Portés par les vagues», signé par la jeune réalisatrice Yana Stallein, invitée d’honneur. Elle n’avait encore jamais projeté ce court métrage sur le sol africain. Une première chargée de sens. «Le film raconte un bateau de migrants, des femmes qui ont quitté l’Afrique par la Méditerranée pour l’Europe. Certaines sont seules, d’autres avec des bébés, d’autres enceintes. À bord, une seule infirmière pour toutes», confie-t-elle.

À ses côtés, Franck Vlehi, producteur, réalisateur et acteur ivoirien, connu pour "Les Nounous". Son film, miroir d’une société vue sous le prisme de six gardiennes d’enfants, résonne tout particulièrement à Libreville. «Trois nounous exemplaires, trois mauvaises. C’est la société que l’on décrit, mais du regard de celles qui la tiennent à bout de bras», glisse-t-il, avant d’annoncer son intention de partager son expérience entre Abidjan et Libreville.

Le festival, qui se tient jusqu’au 28 juin, promet des débats, des émotions, et peut-être des déclics. Parce qu’ici, les projecteurs ne brillent pas pour éblouir, mais pour révéler. Et si la liberté passait d’abord par le regard que l’on porte sur sa propre ville?

Par Ismael Obiang Nze (Libreville, correspondance)
Le 27/06/2026 à 12h29