«La libre circulation dans notre zone dépend de la volonté politique. Tant qu’elle ne sera pas une réalité, nous en subirons les conséquences économiques. Parce que ce que nous, Gabonais, consommons vient de l’extérieur», résume Joël Mapaga, cadre de l’administration.
Sur le terrain, les anecdotes illustrent ces blocages. Kevin Edzo Nguema, opérateur économique, raconte avoir été refoulé à la frontière équato-guinéenne au motif que sa moto était trop poussiéreuse: «On m’a dit d’aller d’abord la laver avant de revenir.» Au-delà de l’anecdote, il regrette les expulsions massives d’immigrés, notamment camerounais, et appelle les chefs d’État à «accélérer l’intégration régionale».
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Pour le Pr Ondo Mba, enseignant-chercheur en économie à l’Université Omar Bongo de Libreville, les blocages sont d’abord structurels: «Le décalage entre les textes communautaires et les pratiques administratives reste le principal frein. Tant que les barrages routiers, les procédures douanières disparates et l’arbitraire aux frontières persisteront, la libre circulation restera théorique.» Il plaide pour des «mécanismes de suivi contraignants» et l’harmonisation des normes frontalières entre États membres.
Me Obame, défenseur des droits de l’homme, appelle lui à la patience: «Donnons du temps au temps. Faisons confiance à nos dirigeants qui travaillent à asseoir l’intégration.»
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Entre patience et urgence, l’Afrique centrale reste à la croisée des chemins. Le véritable test ne sera pas dans les communiqués des sommets, mais dans la capacité d’un camion à relier Libreville à Yaoundé sans entraves.
