Extraction artisanale d’or au Cameroun: près de 200 sociétés illégales identifiées

Une unité illégale d'exploitation d'or.

Le 14/05/2026 à 08h08

Près de 200 sociétés illégales d’extraction artisanale d’or, pour la majorité étrangères, ont été identifiées au Cameroun, a indiqué le ministère camerounais des Mines mercredi.

Une enquête sur le secteur aurifère avait été commandée par la présidence camerounaise début janvier après une polémique autour de l’important écart constaté entre les exportations d’or déclarées par les douanes camerounaises et les importations déclarées par les pays importateurs, notamment les Emirats arabes unis (EAU).

«Environ 200 sociétés illégales ont été identifiées dans les régions de l’Est et de l’Amadoua, dont plus de 95% sont des entreprises étrangères», a rapporté le ministère dans un communiqué.

Selon la liste consultable sur le site du ministère, un grand nombre de ces sociétés sont gérées par des ressortissants chinois.

Dans son communiqué, le ministère appelle ces entreprises à «arrêter sans délai l’exploitation des sites miniers» mais n’évoque aucune sanction ou poursuite judiciaire le cas échéant.

Dans son rapport 2023, publié en décembre, l’organisation ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives) révélait que, selon les chiffres officiels, 953 kg d’or avaient été produits au Cameroun en 2023 et seuls 22,3 kg avaient été exportés.

Or, le total des importations déclarées par les pays acheteurs atteignaient 15,2 tonnes d’or, soit près de 680 fois plus.

«Cela suggère qu’une grande partie de l’or extrait, notamment des mines artisanales, contourne les circuits officiels au profit de réseaux informels ou de la contrebande», note Aïcha Pemboura, chercheuse à l’Observatoire sur le crime organisé et la violence en Afrique centrale, dans un article publié en mars.

Le Cameroun, pays d’Afrique centrale qui mise sur l’exploitation de ses ressources minières (fer, diamant, or, bauxite et cobalt notamment) pour développer son économie, s’est doté d’un nouveau code minier en 2023.

Mais «la corruption et l’influence des élites politiques et économiques entravent l’application des réglementations», observe également Mme Pemboura.

Le Cameroun est classé au 142ème rang sur 180 pays selon l’indice de perception de la corruption 2025 de l’ONG Transparency International.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 14/05/2026 à 08h08