Pretoria veut un «dialogue direct» avec Washington

Les présidents sud-africain Cyril Ramaphosa et américain Donald Trump.

Le 27/10/2026 à 09h19

L’Afrique du Sud cherche à établir un «dialogue direct» avec Washington afin de rompre l’«impasse», a déclaré lundi à l’AFP son ambassadeur aux Etats-Unis après de nouvelles tensions dans les relations faisant craindre à Pretoria une exclusion de l’accord commercial Agoa.

Le pays est dans le viseur de l’administration Trump qui lui reproche une prétendue persécution des descendants des colons blancs européens, les Afrikaners, depuis son retour au pouvoir. Washington a annoncé mi-septembre des restrictions de visa contre des responsables sud-africains.

«La situation est tendue et il y a une sorte d’impasse», a déclaré l’ambassadeur sud-africain à Washington, Roelf Meyer, à l’AFP lors d’une présentation de ses mémoires au Cap.

«Selon moi, cela peut se régler s’il y a un dialogue direct entre les autorités américaines et sud-africaines, et nous espérons pouvoir l’instaurer», a-t-il ajouté.

Négociateur du gouvernement nationaliste blanc lors des pourparlers qui ont conduit à la fin de l’apartheid, Roelf Meyer a été nommé ambassadeur en avril 2026, près d’un an après l’expulsion de son prédécesseur.

Le président Cyril Ramaphosa a déclaré la semaine dernière que l’Afrique du Sud devait se «préparer» à une exclusion de l’accord commercial préférentiel Agoa, liant les Etats-Unis à la plupart des pays africains.

Cet accord commercial, renouvelé jusqu’en 2028 le mois dernier par le Congrès américain et dont Pretoria est le premier bénéficiaire, n’annule pas les nouvelles surtaxes douanières mises en place par l’administration Trump mais exempte d’autres la plupart des pays du continent africain.

«Les négociations sont toujours en cours», a assuré lundi Roelf Meyer. Il a dit espérer que les discussions permettront d’«apporter des bonnes réponses et présenter les faits pertinents avant que des décisions ne soient prises».

Le président américain réexamine chaque année l’éligibilité d’un pays à l’Agoa. Un préavis de 60 jours doit être notifié au Congrès et au pays concerné. Pour exclure un pays avant le 1er janvier de la nouvelle année, l’annonce doit intervenir avant le 2 novembre.

Le précédent président américain Joe Biden avait par exemple déclaré quatre pays inéligibles (RCA, Gabon, Niger, Ouganda) le 30 octobre 2023. La décision avait pris effet le 1er janvier 2024.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 27/10/2026 à 09h19