Le taux de chômage au Rwanda a atteint 13,4% en mai dernier, ce qui correspond à environ une personne sans emploi pour sept personnes en âge de travailler, a indiqué l’Institut national de la statistique.
Ce taux est resté stable par rapport à mai 2025, a ajouté la même source, précisant qu’il est plus élevé chez les femmes (15,5%) que chez les hommes (11,6%). Le taux de chômage chez les jeunes est de 15,7%, selon l’Institut qui a relevé que ce taux est plus élevé en milieu urbain (14,1%) qu’en milieu rural (13,1%).
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La population active, incluant les personnes employées et les chômeurs, s’élevait à 5,4 millions de personnes, selon les données de l’Institut. Le taux d’activité est ainsi estimé à 62,1%, un chiffre stable par rapport aux estimations de mai 2025 (62,2%). Par ailleurs, le taux d’emploi est resté stable à 53,8% en mai 2026 par rapport au même mois de 2025, a poursuivi l’institut, faisant savoir que cette stabilité a été observée aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
Ce que les colonnes de chiffres livrées par l’Institut national de la statistique du Rwanda donnent à voir, en ce mois de juillet 2026, ressemble à un vertige immobile. Un taux de chômage de 13,4% en mai dernier, soit une personne sans emploi sur sept en âge de travailler, et surtout une photographie rigoureusement identique à celle de mai 2025. À l’échelle d’un pays dont le récit officiel est cousu de success-stories économiques, cette stabilité a tout d’un désaveu silencieux.
Derrière le bruit des classements sur la facilité de faire des affaires, c’est une société de la stagnation professionnelle qui se dessine. Le taux d’emploi reste vissé à 53,8% pendant que le taux d’activité, à 62,1%, ne bouge pas non plus. Traduction humaine: sur une population active de 5,4 millions de personnes, le Rwanda ne parvient pas à élargir l’accès au travail salarié ou indépendant productif.
Les nouveaux entrants sur le marché, eux, semblent se cogner à un mur invisible. Le chômage des jeunes, à 15,7%, raconte l’impatience d’une génération connectée, éduquée, qui voit le miroir numérique lui renvoyer des possibles pendant que l’économie réelle lui refuse une place. L’écart entre le milieu urbain (14,1%) et le milieu rural (13,1%) signale que la ville, promise en moteur de la modernité, accumule des bras sans leur offrir assez de postes décents. Mais l’entaille la plus profonde dans le mythe d’un Rwanda inclusif est celle qui sépare les femmes (15,5%) des hommes (11,6%).
Alors que Kigali se félicite, à juste titre, d’une représentation politique féminine inégalée, les chiffres du marché du travail démasquent une tout autre réalité: la parité parlementaire cohabite avec une précarité professionnelle féminine persistante, presque structurelle. Un décalage qui est le symptôme d’un édifice économique qui a fait de la promotion des femmes une vitrine institutionnelle sans leur garantir les mêmes ancrages dans l’économie productive. L’absence totale de variation entre les deux années observées laisse planer le soupçon d’un sous-emploi massif mal capté, ou d’une armée silencieuse de découragés qui ne frappent même plus à la porte du marché.
Quand les projecteurs médiatiques se braquent sur le Kigali des gratte-ciel et des hubs technologiques, les données de l’Institut racontent la face oblitérée du modèle rwandais: des équilibres qui ne frémissent pas, comme si la promesse de l’émergence avait laissé une partie de la population au bord de la route.
