Le rugissement des moteurs a résonné dans les rues de Kigali avant de laisser place aux pistes de Bugesera, où s’est poursuivie la 24ᵉ édition du Rwanda Mountain Gorilla Rally. Inscrite au calendrier du Championnat d’Afrique des rallyes (ARC), l’épreuve a réuni plus de 35 équipages issus de huit pays.
Disputée sur 18 épreuves spéciales totalisant près de 400 kilomètres de pistes entre Kigali et Bugesera, la compétition confirme la montée en puissance du Rwanda dans le sport automobile continental.
«Cette année, nous avons enregistré une forte participation avec huit pays représentés et quinze voitures engagées dans le championnat d’Afrique», souligne Christian Gakwaya, président du Rwanda Automobile Club.
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Au-delà de la compétition, les autorités rwandaises voient dans ce rendez-vous un levier de développement économique et sportif. Après le basketball, le cyclisme ou encore le golf, le pays multiplie les investissements dans l’accueil d’événements internationaux afin de renforcer son attractivité touristique, développer ses infrastructures et attirer des investisseurs.
«Le sport constitue un secteur stratégique ayant bénéficié d’investissements délibérés. Nous aspirons à accueillir un Grand Prix de Formule 1 et, croyez-moi, nous allons le faire», affirme la ministre des Sports, Nelly Mukazayire. Selon elle, les compétitions actuelles permettent de démontrer le potentiel du Rwanda et d’identifier les opportunités qu’offre le sport automobile, aussi bien pour les pilotes que pour les investisseurs.
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Le choix de Bugesera n’est d’ailleurs pas anodin. Le district accueille déjà le chantier du futur aéroport international de Kigali et figure parmi les sites envisagés pour l’implantation d’un futur circuit de Formule 1. Sans qu’aucune décision officielle n’ait encore été annoncée par Formula One Management (FOM), le Rwanda affiche ouvertement son ambition de faire revenir la discipline reine du sport automobile sur le continent africain.
Cette montée en puissance s’accompagne d’un travail de fond sur les standards d’organisation. La présence d’officiels et de commissaires de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA), venus superviser l’épreuve conformément aux exigences du Championnat d’Afrique des rallyes, permet également aux responsables rwandais de renforcer leurs compétences techniques et organisationnelles en vue d’accueillir, à terme, des compétitions d’un niveau supérieur.
Pour atteindre cet objectif, le Rwanda Automobile Club mise sur une montée en compétence progressive de tout son écosystème. «Nous avons élaboré une stratégie sur cinq ans afin de développer toutes les disciplines du sport automobile, du rallye au karting, tout en renforçant les capacités de nos officiels. Notre objectif est d’être prêts à accueillir, demain, de grands événements internationaux», explique Christian Gakwaya.
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Pour le Rwanda, le Mountain Gorilla Rally n’est donc pas seulement une étape du championnat africain. Il constitue aussi un laboratoire grandeur nature où se construisent les compétences, les infrastructures et la crédibilité nécessaires pour nourrir une ambition plus vaste: faire revenir un jour la Formule 1 sur le continent africain.
Reste désormais à convaincre Formula One Management que l’Afrique, absente du calendrier de la F1 depuis le Grand Prix d’Afrique du Sud de 1993, est prête à retrouver sa place sur la la ligne de départ.
