Dans un discours prononcé mardi dernier à Néma, le chef de l’Etat mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, avait annoncé l’organisation dans 4 semaines d’un dialogue national dans le cadre duquel le gouvernement va soumettre une proposition pour l’organisation d’une consultation référendaire visant la suppression du sénat et la création de conseils régionaux.Pour Mohamed Jemil Ould Mansour, leader du Rassemblement national pour la réforme et le développement (RNRD-Tawassoul), un parti de la mouvance islamiste dite modérée, rejette catégoriquement «un dialogue unilatéral» et insiste sur le refus de toute idée «de prolongement du pouvoir actuel ou de succession arrangée» au sein du sérail.Même tonalité du côté de Moussa Fall, haut responsable du FNDU - Forum national pour la démocratie et l’unité -, qui note «que le président Mohamed Ould Abdelaziz n’a pas démenti l’intention qu’on lui prête de procéder à des modifications constitutionnelles visant un troisième mandat. En proposant la suppression du sénat, il laisse comprendre que le respect de la constitution doit signifier aussi pour le peuple, le pouvoir de le modifier». Une manière de dire que le FNDU n’ira pas à une concertation dont l’unique objectif serait d’entériner une mascarade contre le principe de l’alternance.Yahya Ould Ahmed Waghef, ex-Premier ministre, président du Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD-Adil) s’inscrit dans la même logique de rejet d’une démarche visant à remettre en cause le principe essentiel de démocratie par une proposition de dialogue, qui ne serait en réalité «qu’un piège».Ce refus de prendre le train du dialogue est encore plus tranchant dans les propos du Pr Lô Gourmo Abdoul, vice-président de l’Union des forces de progrès (UFP), qui commente le discours de Néma en ces termes «tragédie du mandat. Acte 1 : on tue un cadavre putride». Ce haut responsable ne s’inscrit pas dans les rangs de ceux qui pleureraient sur le corbillard d’un sénat «décomposé».
Mais il refuse «un référendum de camouflage de très mauvais goût, acte de provocation contre la démocratie».En Mauritanie, toutes les tentatives de dialogue entre le pouvoir et l’opposition regroupée au sein du FNDU se sont soldées par des échecs depuis 2008.
