Etudiante à l’Ecole normale supérieure de Bambili, dans la région du nord-ouest du Cameroun, Nathalie N. se trouve encore dans sa famille dans la capitale, Yaoundé. Et ce, alors que d’autres étudiants ont repris le chemin des amphithéâtres depuis une semaine pour certains. «A vrai dire, je ne suis pas pressée de rentrer. Toutes les conditions ne sont pas encore remplies, avec ce qui se passe là-bas», déclare-t-elle.
Les régions du nord-ouest et du sud-ouest du pays ont été en effet, secouées le week-end dernier par des attentats à la bombe et de nombreuses manifestations relayant les revendications des populations dites anglophones.
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Aussi, la rentrée universitaire n’aura-t-elle lieu dans ces deux régions qu’en novembre 2017, soit avec deux mois de retard. Une décision annoncée la semaine dernière par le ministre de l’Enseignement supérieur, avant l’escalade des événements quelques jours plus tard.
«Les universités de Buea et Bamenda ont été autorisées à prolonger leur année universitaire, pour assurer le taux de couverture des programmes d’enseignement à la suite des mouvements de grève qui avaient fortement perturbé les activités académiques dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest. Ce qui explique que la rentrée universitaire dans ces deux universités ait été reportée au mois de novembre 2017», explique Jacques Fame Ndongo, dans le quotidien Cameroon Tribune.
Depuis, des campagnes sont menées pour rassurer la communauté universitaire et les parents sur le bon déroulement à venir des cours.
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Sur place, les activités reprennent tant bien que mal, après le couvre-feu mis en place par le gouverneur de la région du nord-ouest, suite aux explosions de vendredi dernier. Par ailleurs, les réunions et manifestations publiques sont interdites jusqu'au 3 octobre 2017. Des restrictions condamnées par le Social Democratic Front (SDF).
«Le SDF condamne fermement le couvre-feu, les restrictions de mouvement imposées à la population ainsi que toute forme de violences perpétrées dans ces régions. La liberté d’aller et de venir est un droit constitutionnellement garanti. Interdire la mobilité des citoyens d’un département à l’autre dans la région du nord-ouest, de surcroît fortement militarisée, font de ces compatriotes des citoyens entièrement à part. Ce qui est de nature à générer de nouvelles frustrations et à crédibiliser par conséquent la thèse des sécessionnistes», indique un communiqué du premier vice-président du parti, Joshua Oshi.
