Black-out à Nouakchott. «Il faut que des têtes tombent», pas les fusibles: l’opposition demande des comptes

Black-out à Nouakchott, suite à l’incendie de deux transformateurs de la Somelec.

Le 28/08/2026 à 15h56

VidéoLa panne d’électricité qui paralyse six des neuf communes de Nouakchott pendant plusieurs jours en pleine canicule, suite à l’incendie de deux transformateurs de la Somelec, a pris une tournure politique. Le député Biram Dah Abeid a dénoncé «un grand fiasco» aux lourdes répercussions humaines et économiques.

Les incendies de deux transformateurs 33/15 KV de la Société Mauritanienne d’Électricité (Somelec), à l’origine d’un black-out qui a affecté pendant plusieurs jours six des neuf communes que compte Nouakchott continuent de susciter des réactions.

L’incident a débuté au poste de transformation Est avant qu’un second départ de feu, survenu moins de 24 heures plus tard au poste Ouest, ne paralyse plus des deux tiers de la fourniture électrique de Nouakchott, privant d’électricité 1,5 million d’habitants.

Ces installations ravagées par les flammes alimentent une vaste zone comprenant plusieurs quartiers de la capitale, mais aussi l’aéroport international Nouakchott-Oumtounsy, le port de Tanit et des localités situées en périphérie. Selon les secteurs, les habitants sont resté entre deux et trois jours sans courants électrique en pleine canicule.

Le député et leaders abolitionniste, Biram Dah Abeid a demandé, jeudi «la démission du gouvernement, la constitution d’une commission d’enquête parlementaire et des sanctions contre tous les responsables de cette crise qui n’est plus une simple panne d’électricité».

Selon l’élu, «c’est un crise de gouvernance, une faute grave, qui remet en cause la qualité des infrastructures publiques, l’attribution et gestion des marchés, les mécanismes de contrôle de l’État, la capacité du gouvernement à anticiper les risques, la manière dont l’argent public est dépensé. Le gouvernement est dans l’obligation de dire la vérité aux populations».

Un désastre, qui se traduit par «de graves conséquences pour les citoyens, les commerces, les services de santé, la conservation des médicaments, des produits alimentaires et plus largement, toute l’activité économique de la capitale», poursuit le parlementaire.

Ce dernier demande au président de faire tomber des têtes «un préalable dans toutes les démocraties» après des fautes d’une telle gravité. «Ces gens ont échoué. Dans un système démocratique, la responsabilité morale recommande leur démission».

Par ailleurs, l’élu déplore le fait «que le pouvoir n’ait pas réagi dans l’urgence qu’exigeait la situation pour venir au secours des populations, notamment les malades victimes d’une rupture de soins à cause de l’absence d’électricité dans les pharmacies, les hôpitaux et les cliniques».

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)
Le 28/08/2026 à 15h56