Ce document, auquel ont souscrit les dirigeants des États africains reconnus par l’Organisation des Nations unies (ONU), la direction de l’Union africaine (UA) et les responsables des principales organisations africaines d’intégration régionale, s’inscrit dans la continuité des déclarations adoptées lors des deux précédents sommets, tenus à Sotchi en 2019 et à Saint-Pétersbourg en 2023.
La déclaration souligne la volonté de Moscou et des pays africains de contribuer à l’émergence d’un ordre mondial multipolaire « juste, équilibré et équitable », fondé notamment sur les principes de souveraineté des États, d’égalité souveraine et de non-ingérence dans les affaires intérieures.
Les signataires réaffirment également leur attachement aux objectifs et principes de la Charte des Nations unies et à la consolidation du rôle central de l’Organisation dans les relations internationales.
Sur le volet sécuritaire, la déclaration préconise de renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme, la criminalité transnationale organisée, le trafic de drogues et la piraterie maritime. Elle insiste également sur la poursuite des efforts en faveur du règlement pacifique des conflits sur le continent, conformément au principe des «solutions africaines aux problèmes africains».
Les deux parties envisagent, en outre, la création, dans le cadre du Forum de partenariat Russie-Afrique, d’un mécanisme permanent de dialogue de haut niveau consacré notamment à la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, ainsi qu’aux questions de sécurité alimentaire et informationnelle.
La coopération économique occupe une place importante dans la déclaration, qui appelle à accroître et à diversifier les échanges commerciaux et les investissements, à faciliter les exportations africaines de produits à valeur ajoutée et à développer les chaînes de production et d’approvisionnement. Le document met également l’accent sur la coopération financière, industrielle, agricole et logistique, ainsi que sur la mise en place de mécanismes de paiement fiables et durables.
Les signataires entendent également renforcer leur coopération dans le secteur énergétique, en tenant compte des priorités nationales de développement et de la diversité des ressources disponibles. Le texte cite notamment le gaz naturel, l’énergie nucléaire, les énergies renouvelables et l’hydrogène, tout en soulignant l’importance de faciliter l’accès à une énergie abordable et fiable sur le continent africain.
Les matières premières stratégiques constituent un autre axe de coopération, avec un accent mis sur la transformation locale des ressources minérales, le transfert de technologies, la formation des compétences et le développement de chaînes de valeur permettant aux pays producteurs de tirer davantage profit de leurs ressources.
La déclaration prévoit également de développer les partenariats dans les domaines des transports, des infrastructures, du numérique et de l’intelligence artificielle, ainsi que de renforcer les échanges dans l’éducation, la recherche scientifique, la santé, la culture, le sport et le tourisme.
Aux termes du document final de 101 points, les signataires réaffirment leur volonté de mener des initiatives communes en matière de protection de l’environnement, d’adaptation aux changements climatiques, de gestion des ressources en eau et de développement de l’économie bleue, en tenant compte des spécificités et des priorités des pays africains.
La déclaration salue, par ailleurs, les résultats du Plan d’action du Forum de partenariat Russie-Afrique pour 2023-2026 et exprime la volonté des deux parties d’assurer la mise en œuvre du nouveau plan couvrant la période 2027-2029.
Les travaux du 3e Sommet Russie-Afrique et du Forum économique et humanitaire connexe se sont déroulés les 28 et 29 octobre à Moscou, avec la participation de représentants des pays africains membres de l’Organisation des Nations Unies.
