À Dakar, la commémoration du 51e anniversaire de la Marche verte a pris une résonance particulière, dix ans après le discours que le roi Mohammed VI avait choisi de prononcer depuis la capitale sénégalaise.
Ce vendredi 6 novembre, l’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, a salué le soutien de Dakar au Royaume, exposé la lecture marocaine des avancées diplomatiques sur le Sahara et inscrit les réformes engagées sous Mohammed VI dans le prolongement de cet héritage.
Le 6 novembre 1975, la Marche verte, lancée à l’initiative du roi Hassan II, mobilisait des Marocains autour de la revendication du Royaume sur le territoire alors administré par l’Espagne. Cinquante et un ans plus tard, Hassan Naciri a ouvert son discours en revenant sur la place qu’occupe cette mobilisation dans la mémoire nationale. Il en a souligné le caractère pacifique et la portée politique.
«Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer le 51e anniversaire de la glorieuse Marche verte, épopée nationale qui demeure l’un des événements fondateurs de l’histoire contemporaine du Royaume du Maroc», a déclaré l’ambassadeur.
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En rappelant le rôle du Roi Hassan II et la mobilisation populaire, le diplomate a mis l’accent sur l’objectif que le Royaume assignait à cette initiative. La Marche verte, a-t-il dit, «a consacré une démarche pacifique, un idéal d’unité nationale et une détermination collective à parachever l’intégrité territoriale du Royaume».
Le 6 novembre 2016, Mohammed VI avait choisi Dakar pour prononcer le discours du 41e anniversaire de la Marche verte. Le Souverain avait alors rappelé que le Sénégal figurait parmi les États qui avaient participé à cette mobilisation aux côtés d’autres pays africains et arabes. Dix ans plus tard, Hassan Naciri a fait de ce choix le fil conducteur de son hommage au Sénégal.
«Il y a dix ans, le 6 novembre 2016, Sa Majesté le roi Mohammed VI avait choisi Dakar pour adresser à son peuple le discours marquant le 41e anniversaire de la Marche verte», a rappelé le diplomate. «Ce choix témoigne de la place singulière du Sénégal dans le cœur de Sa Majesté le roi Mohammed VI.»
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L’ambassadeur a également salué ce qu’il a qualifié de «soutien constant à l’intégrité territoriale du Royaume», une position qu’il a inscrite dans la continuité des relations entre les deux pays depuis l’indépendance du Sénégal. Il a rappelé que la relation entre Dakar et Rabat s’appuie aussi sur des liens humains anciens, qu’il a décrits comme le socle de la solidarité entre les deux pays.
«Au-delà de sa portée circonstancielle, ce discours royal demeure l’expression éloquente de la profondeur des liens historiques, humains et fraternels qui unissent nos deux pays», a-t-il poursuivi. Il a repris les mots employés en 2016 par Mohammed VI, qui avait évoqué les peuples sénégalais et marocain «comme un seul peuple, l’un représentant le prolongement naturel de l’autre».
La commémoration de cette année est intervenue quelques jours après la fête de l’Unité, que le Maroc a fixée au 31 octobre. Cette date correspond à l’adoption, le 31 octobre 2025, de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Sahara occidental. Hassan Naciri a rapproché ces deux rendez-vous, l’un lié à la mobilisation de 1975 et l’autre à une évolution du processus diplomatique.
«Le 31 octobre, désormais célébré comme fête de l’Unité, rappelle l’attachement profond du peuple marocain à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale du Royaume», a déclaré l’ambassadeur. Le diplomate a expliqué le sens qu’il donne à la proximité des deux dates. «Le premier souligne une évolution diplomatique majeure et la symbolique de l’unité nationale. Le second perpétue la mémoire d’une mobilisation pacifique qui a profondément marqué l’histoire du Royaume.»
Hassan Naciri a présenté l’adoption de la résolution 2797 comme «une nouvelle étape du processus politique» et qualifié l’initiative marocaine d’autonomie de «seule base de négociation». Le texte du Conseil de sécurité appelle les parties à participer, sans conditions préalables, à des discussions fondées sur le plan d’autonomie proposé par le Maroc.
Le discours a également abordé le développement des territoires que le Maroc désigne comme ses provinces du Sud. Hassan Naciri a présenté leur essor économique et social comme un volet de la politique du Royaume au Sahara. Il a aussi insisté sur la place que Rabat entend donner à ces territoires dans ses relations avec le reste du continent africain.
«Le développement des provinces du Sud illustre la volonté de conjuguer la consolidation de cette intégrité avec l’ouverture de nouvelles perspectives économiques et sociales», a-t-il expliqué, en évoquant leur «vocation naturelle de trait d’union entre le Maroc et sa profondeur africaine».
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Au-delà du dossier du Sahara, l’ambassadeur a consacré une partie de son intervention aux réformes menées sous le Roi Mohammed VI. Il a établi un lien entre l’unité nationale, qu’il présente comme l’un des acquis de la Marche verte, et la capacité de l’État à améliorer les conditions de vie des citoyens sur l’ensemble du territoire.
«La portée de la Marche verte dépasse largement le cadre de la mémoire historique. Son esprit continue d’inspirer le Maroc et d’orienter son action», a affirmé Hassan Naciri. Le diplomate a cité la modernisation des infrastructures, les grands projets structurants et le renforcement de la protection sociale.
Ces chantiers, a-t-il expliqué, participent d’une même ambition, celle d’«édifier un État moderne, d’affermir la cohésion nationale et d’améliorer durablement les conditions de vie des citoyens».
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Dans son intervention, la cohésion nationale se mesure aussi à la capacité de réduire les écarts entre territoires et de faire bénéficier l’ensemble de la population des réformes. «Cette ambition implique également de promouvoir l’équité sociale, de résorber les disparités territoriales et de combattre toutes les formes d’exclusion, afin que les fruits du développement bénéficient à l’ensemble de la population marocaine», a-t-il ajouté.
À l’approche du 18 novembre, date de la fête de l’Indépendance du Maroc, Hassan Naciri a rappelé un autre moment de l’histoire contemporaine du Royaume, le retour d’exil du roi Mohammed V. Il y a vu le «symbole de l’union étroite entre le trône et le peuple».
Après avoir évoqué les Rois Mohammed V, Hassan II et Mohammed VI, l’ambassadeur est revenu au pays qui accueillait la commémoration.
Dix ans après le discours royal de Dakar, il a décrit les rapports entre le Maroc et le Sénégal comme «une relation fondée sur la confiance, la solidarité et une véritable communauté de destin». C’est sur ces liens qu’il a choisi de conclure son allocution. «Vive la fraternité maroco-sénégalaise!»
