Il y a des soirées qui transcendent la simple réception diplomatique. Celle du 27ème anniversaire de l’accession au Trône du roi Mohammed VI, organisée jeudi à la résidence de l’ambassadeur du Royaume du Maroc, en était une. Dans le magnifique jardin de la Sablière, métamorphosé aux couleurs chatoyantes du Maroc, le parfum enivrant des épices et des tajines flottait dans l’air, offrant aux invités un véritable voyage sensoriel entre tradition et modernité.
Mais au-delà des fastes de la gastronomie et de l’élégance des convives, c’est un message politique d’une rare densité qui a résonné sous les frondaisons. La Fête du Trône, a rappelé Son Excellence Abdellah Sbihi, Ambassadeur du Royaume du Maroc au Gabon, ne se limite pas à célébrer un anniversaire. Elle incarne «le renouvellement du pacte historique qui unit, depuis plus de 12 siècles, le Trône Alaouite et le peuple marocain».
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Dans son allocution, le diplomate a brossé un panorama saisissant des transformations profondes que connaît le Royaume sous la conduite éclairée du Souverain. «Le Maroc s’affirme comme une puissance industrielle émergente, un acteur majeur des énergies renouvelables, une plateforme logistique reliant l’Afrique, l’Europe et le monde Atlantique», a-t-il souligné, évoquant les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et des nouvelles technologies.
Le message royal, tel que relayé par l’Ambassadeur, est clair: cette stabilité et ce développement ne sont pas des fins en soi. Ils sont le socle d’une ambition plus grande, celle d’un rayonnement continental. «L’avenir du Royaume est indissociable de celui du Continent africain», a martelé Abdellah Sbihi, réaffirmant la constance de la politique africaine du Maroc, une «diplomatie de l’acte» privilégiant les projets structurants et les partenariats équilibrés.
Le Gabon, un «pays frère» au cœur de la coopération Sud-Sud
La célébration a été rehaussée par la présence de Son Excellence Alexandre Barro Chambrier, Vice-Président du Gabon, de plusieurs membres du gouvernement, ainsi que d’un parterre exceptionnel de diplomates. Ambassadeurs africains, européens, asiatiques et américains étaient réunis, témoignant de l’aura du Maroc et de la vitalité de ses relations internationales.
Mais c’est la relation privilégiée avec le Gabon qui a occupé une place de choix dans les discours. Le Maroc et le Gabon, a rappelé l’Ambassadeur Sbihi, entretiennent un «partenariat exemplaire, fraternel». Plus de 25 accords bilatéraux couvrent des domaines vitaux: banques, télécommunications, industrie, santé et formation.
La formation de la jeunesse gabonaise est un pilier de cette coopération. «Nous accordons 180 bourses d’études aux étudiants gabonais chaque année», a déclaré le diplomate, soulignant la conviction que le savoir et le capital humain sont les fondements d’un développement durable. Un vivier de plus de 6.700 étudiants gabonais est aujourd’hui formé au Maroc.
Cette coopération dense s’inscrit pleinement dans la vision d’une Afrique qui mise sur elle-même. L’Ambassadeur a ainsi salué la position «renouvelée et sans équivoque» des autorités gabonaises sur le Sahara Marocain, en soutien à l’Initiative marocaine d’autonomie, «largement reconnue par la communauté internationale comme seule base crédible, sérieuse et réaliste».
La soirée fut aussi l’occasion de rendre hommage à la communauté marocaine établie au Gabon, forte de 4.000 ressortissants. Leur intégration et leur contribution au développement du pays ont été saluées, incarnant avec ferveur cette amitié séculaire entre les deux nations.
Alors que la nuit s’installait sur la résidence, illuminée par la chaleur des échanges et la beauté des traditions, l’émotion était palpable. La Fête du Trône a dépassé le cadre d’une simple célébration protocolaire pour devenir une vibrante affirmation de l’ancrage africain du Maroc et de son rôle de leader, partageant avec ses frères du continent, et en particulier avec le Gabon, les fruits de sa stabilité et de sa vision. Une vision, pour reprendre les mots de l’Ambassadeur, d’une Afrique qui choisit «la coopération plutôt que la division, le développement plutôt que les antagonismes».
