Législatives en Guinée: avant de voter, il faut apprendre à voter

Campagne électorale pour les législatives en Guinée.

Le 20/05/2026 à 09h07

VidéoÀ Kissidougou, à 600 kilomètres de Conakry, la campagne électorale prend une tournure particulière. À l’approche des élections législatives et communales prévues le 31 mai prochain, partis politiques, candidats et responsables de campagne concentrent leurs efforts sur un défi inédit : expliquer aux électeurs un système de vote à trois niveaux. Dans les régions de l’intérieur du pays, la bataille électorale se joue désormais autant sur le terrain politique que sur celui de la pédagogie citoyenne.

Dans les hangars des marchés, les cours familiales ou au détour des carrefours poussiéreux, les discussions ne portent plus seulement sur les candidats aux prochaines législatives. Cette année, les militants politiques parlent surtout de bulletins, de listes et de modes de scrutin.

À Kissidougou, la campagne pour les élections législatives et communales du 31 mai 2026 a pris des allures de vaste campagne d’éducation civique. Car pour beaucoup d’électeurs, le principal défi n’est pas encore de choisir un candidat, mais de comprendre comment voter correctement.

«Pour ces élections communales, nous allons voter pour la liste nationale. Nous voterons également pour les députés sur les listes uninominale et plurinominale. Il est donc très important que les citoyens comprennent que, cette fois-ci, nous aurons affaire à trois votes distincts», confie Mamoudou Condé.

Dans cette campagne atypique, les partis politiques se découvrent un rôle nouveau: celui de pédagogues électoraux.

Au sein du mouvement Génération pour la modernité et le développement (GMD-Bâtir ensemble) créé par le président Mamadi Doumbouya, et de ses formations alliées, l’heure est désormais à la formation accélérée des équipes de terrain. Rabatteurs, superviseurs, délégués de bureaux de vote: chacun reçoit des consignes précises pour transmettre un message clair et uniforme auprès des populations.

L’objectif est simple: éviter la confusion et limiter les bulletins nuls dans un scrutin jugé complexe par de nombreux électeurs. «Il faut faire comprendre que nous sommes alliés de la GMD. Nous devons mener un travail de pédagogie auprès des rabatteurs afin d’harmoniser la communication qu’ils tiendront auprès de nos concitoyens. Il est aussi essentiel de former les délégués et les superviseurs afin qu’ils travaillent pour le bien de l’ensemble des candidats de la GMD et de ses alliés», fait remarquer Sekouba Mara, directeur de campagne du parti Fidel.

Au-delà des rivalités politiques, une préoccupation commune semble émerger chez les acteurs de terrain: réussir la compréhension du vote. Car dans ce triple scrutin, la victoire pourrait aussi dépendre de la capacité des partis à transformer leurs militants en véritables éducateurs civiques.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 20/05/2026 à 09h07