Dans les rues animées de Ratoma, les affiches prennent peu à peu possession des murs. Des équipes de campagne s’activent, perchées sur des échelles de fortune, ajustant les portraits des candidats sous le regard curieux des passants. Ici, un groupe de jeunes colle méthodiquement les derniers visuels, là, d’autres discutent stratégie à voix basse. La campagne est bel et bien lancée.
Dans cette première phase, centrée sur les circonscriptions locales, le scrutin uninominal attire une attention particulière. Il incarne, pour beaucoup, une opportunité directe de représentation territoriale, où chaque commune peut porter sa voix au Parlement. Mais ce qui frappe surtout, c’est l’enthousiasme des jeunes.
Dans les quartiers, ils ne veulent plus être de simples spectateurs. Ils s’organisent, mobilisent, et surtout, se présentent. Cette fois-ci, ils veulent peser sur les décisions nationales. Le politologue Bakary Souaré observe cette dynamique avec attention.
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«Cette élection législative est marquée par la candidature des jeunes, ce qui me motive à apporter mon soutien à Joachim Baba Milimono, candidat de la commune de Ratoma. Les jeunes prendre part au débat public, c’est la raison pour laquelle il y a beaucoup plus d’engouement autour de cette élection».
Parmi ces figures émergentes, certaines incarnent déjà une certaine autorité politique. C’est le cas de Joachim Baba Milimono, candidat engagé et bien connu dans sa commune.
Sur le terrain, il mise sur la proximité et la constance de son engagement: «Les citoyens devraient d’abord mettre en avant les critères de proximité générationnelle, idéologique, et physique. Je vis avec eux le jeunes qui me connaissent. Depuis seize ans, je suis dans l’arène politique. J’ai accompagné pas mal de politiques, donc on connaît ma philosophie. Et les citoyens devraient également veiller à ce que les élus soient des gens crédibles».
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Dans un contexte politique recomposé, où plusieurs partis ont été fragilisés ou écartés, la compétition semble parfois déséquilibrée, mais elle n’entame pas la détermination des nouveaux entrants.
Bakary Souaré nuance toutefois l’intensité de la concurrence: «je vois de concurrence parce que les seuls partis qui pouvaient menacer le JMD ou la GMD, c’était le parti Frontek de Yoruba Baldés. Mais la dernière fois, Yoruba Baldés s’est retiré de la course. D je me dis qu’il n’y a pas d’autre parti qui pourrait perturber la GMD».
À l’approche du scrutin, prévu fin mai, une certitude s’impose: cette élection ne ressemble pas aux précédentes. Entre recomposition politique et montée en puissance des jeunes candidats, la bataille des circonscriptions s’annonce décisive pour le renouvellement de la classe politique guinéenne.
