L’examen du projet de budget rectificatif 2026 est une étape importante dans le redressement des finances publiques de ce pays très endetté.
Le texte avait été renvoyé le 27 octobre par l’Assemblée en commission en vue de trouver un compromis entre le gouvernement et la majorité parlementaire, après un premier rejet en commission par le même parti Pastef le 24 octobre.
Ce budget est présenté comme une mesure clé, notamment par rapport aux demandes formulées par le Fonds monétaire international (FMI) sur la gestion des finances publiques de ce pays ouest-africain qui traverse une grave crise économique.
Le FMI a annoncé en septembre un accord préliminaire avec le Sénégal sur un nouveau programme d’aide de 2,2 milliards de dollars (1,93 milliard d’euros) sur 36 mois, visant à stabiliser ses finances.
Mais l’institution financière n’a pas encore annoncé l’approbation de l’accord par son conseil d’administration, et le plan de sauvetage est soumis à certaines conditions.
«La commission des Finances (de l’Assemblée nationale) a rejeté, à la majorité, le projet de loi de finances rectificative pour l’année 2026. Les réponses apportées le (vendredi) 30 octobre (par le gouvernement) demeurent insuffisantes et insatisfaisantes», affirme le groupe parlementaire de Pastef dans un communiqué publié vendredi soir.
Le groupe pointe notamment des «désaccords» sur «le déficit (budgétaire) et la dette», la protection du pouvoir d’achat, les «choix en matière d’investissement public» et « le refus» du gouvernement de «transmettre des documents essentiels».
L’Assemblée nationale doit, selon la presse, se réunir mardi en plénière pour examiner à nouveau le texte qui risque une nouvelle fois d’être rejeté.
La formation Pastef contrôle 130 des 165 sièges de parlementaires et son charismatique leader, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, est engagé dans une querelle de longue date avec le président du pays Bassirou Diomaye Faye, son ancien allié.
Le Sénégal est confronté à une dette publique estimée à 132% du PIB à la fin de l’année 2024.
Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, a exhorté l’opposition à adopter le projet de budget rectificatif 2026, dans un entretien le 26 octobre avec l’AFP.
Il a affirmé que l’opposition ne pouvait pas «bloquer» le pays sur la question de ce projet de budget, l’exécutif disposant selon lui de voies du «dialogue» mais aussi «constitutionnelles» pour résoudre les désaccords sur le texte soumis à l’Assemblée.
