Abidjan. «C’est le plus beau jour de ma vie»: joie et rêves à l’annonce des résultats du BAC

Les nouveaux bacheliers après la publication des résultats du bac à Abidjan.

Le 08/07/2026 à 12h21

VidéoLes centres d’examen ont vécu, lundi 6 juillet, une journée riche en émotions à l’occasion de la proclamation des résultats du baccalauréat. Entre explosions de joie des nouveaux bacheliers et déception des candidats recalés, l’heure était aux sentiments contrastés. Cette année, le taux national d’admission s’établit à 40,60%, contre 40,15% en 2025.

Au total, 301.365 élèves en classe de terminale étaient cet après-midi du lundi, face à leurs résultats de fin d’année couronnant neuf mois de travail acharné et d’abnégation.

Dès les premières heures de l’après-midi, les centres d’examen d’Abidjan ont été pris d’assaut par des milliers de candidats, accompagnés pour certains de leurs parents et proches.

Au groupe Offoumou Yapo de Yopougon, angoisse et peur étaient au rendez-vous chez les candidats, les yeux rivés sur les listes d’admission.

Lorsque les premiers noms sont apparus, les cris de victoire ont rapidement envahi les cours de l’établissement. Des accolades, des larmes de bonheur et des chants de célébration ont traduit le soulagement des admis.

«Personne ne croyait en moi! A la maison je subissais les railleries de mon frère ainé qui me menaçait de quitter sa maison si je ne réussissais à mon examen. Dieu faisant grâce, mes efforts ont payé. Aujourd’hui, je peux rêver d’intégrer l’université et de devenir médecin», s’est exclamé Yann Koffi.

À quelques mètres, Adessina Abraham, à bord d’un véhicule, tenant fièrement sa collante, ne peut contenir sa joie. «C’est le plus beau jour de ma vie. Cette réussite est dédiée à mes parents qui n’ont jamais cessé de croire en moi», confiait-il.

Venue accompagner sa fille pour la circonstance, dame Tréhi s’est réjouie de l’exploit de cette dernière selon elle, lui fait honneur en réussissant à son examen. «En venant accompagné ma fille, je ne doutais de ses capacités car elle prend ses études à cœurs, et aujourd’hui je suis fière de la réussite à son examen. C’est ce que nous attendons des enfants (…)», a-t-elle exprimé.

A l’opposé de ceux qui célèbrent l’obtention de ce sésame, ce sont des pleurs et tristesses dans le rang des moins chanceux. Derrière cette euphorie se lisaient également des visages fermés. Certains candidats, incapables de contenir leurs larmes, peinaient à accepter l’échec. «J’ai tout donné, mais ce n’était visiblement pas suffisant. Je suis déçu, mais je reviendrai plus fort l’année prochaine», fond en larme Mariam Coulibaly.

Au terme de cette journée chargée d’émotions, le baccalauréat a une nouvelle fois confirmé son statut de passage décisif vers l’enseignement supérieur. Pour les admis, une nouvelle aventure commence; pour les moins chanceux, l’espoir d’une seconde opportunité demeure intact.

Le taux de réussite national de 40,6% contre 40,15% l’année dernière, soit une légère amélioration de 0,45 point, tout en restant en dessous de la moyenne, montre une fois encore les défis persistants du système éducatif ivoirien notamment la surcharge des classes, l’inégalités d’accès à un encadrement de qualité, les conditions d’études parfois précaires, notamment en zone rurale...

Les résultats du baccalauréat proclamés le 6 juillet, viennent clôturer la série des examens à grand tirage en Côte d’Ivoire. Les élèves ont désormais les vacances scolaires pour se ressourcer pour mieux affronter la rentrée prochaine.

Par Emmanuel Djidja (Abidjan, correspondance)
Le 08/07/2026 à 12h21