Cameroun. La hausse des allocations familiales fait exploser le nombre d’enfants déclarés: traque à l’arnaque

Le 23/06/2026 à 12h28

VidéoDevant l’explosion intrigante du nombre d’enfants déclarés entraînant l’augmentation conséquente du budget alloué aux allocations familiales, le ministère des Finances a lancé un audit pour assainir le fichier de l’état civil et traquer les fausses déclarations. Au terme de cet examen de 24 mois, des sanctions seront prises contre tout fonctionnaire véreux.

Le constat du ministère des Finances est clair. Le nombre d’enfants déclarés par les agents de l’Etat est passé de 594.728 en juin 2024 à plus de 923.000 en mars 2026, soit une hausse de 55%.

Cette augmentation coïncide curieusement avec la date à laquelle le gouvernement avait procédé à une forte augmentation de l’allocation familiale qui est passée de 2.800 à 4500 Fcfa par mois et par enfant déclaré.

Sentant l’arnaque, le ministre des Finances Louis-Paul Motazé a lancé un audit qui permettra de déceler les failles, d’assainir le fichier solde et d’appliquer des lourdes sanctions contre les agents de l’État reconnus coupables des faits incriminés.

L’impact de ces actes malhonnêtes est lourd sur l’économie nationale, a-t-on appris au ministère des Finances où l’enveloppe budgétaire annuelle dédiée a considérablement augmenté, passant de 21 milliards à près de 38 milliards de Fcfa.

La communauté nationale attend avec impatience le dénouement de cette autre dérive qui met à mal l’économie du pays. Plusieurs acteurs de la société civile encouragent le gouvernement à explorer toutes les voies devant identifier les coupables afin qu’ils répondent de leurs actes devant la justice.

Des leaders de la société civile comme Xavier Essomba, coordonnateur de l’organisation non gouvernementale MyLive, est remonté contre les fonctionnaires indélicats. «Le Cameroun nous appartient tous. Il n’est donc pas acceptable que certaines personnes veulent indument profiter des caisses de l’Etat. Il faut les sanctionner avec la dernière énergie», a-t-il déclaré.

Un comité interministériel placé sous l’autorité du ministre des Finance et celui de la Fonction publique et de la Réforme administrative a été créé. Ce comité implique également le ministère de la Défense, la Délégation générale à la sureté nationale et le Bureau national de l’état civil.

Les fraudeurs devront s’expliquer et rembourser les sommes perçues indûment.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 23/06/2026 à 12h28