Le Cameroun est réputé pour être un pays de paix. Mais cette renommée flatteuse se heurte à une vérité bien différente de la carte postale. La guerre séparatiste qui sévit dans la zone anglophone depuis une dizaine d’années et les exactions de la secte terroriste Boko Haram dans les régions septentrionales du pays, écornent durablement son image.
«Dans toutes les zones concernées, la présence de réseaux criminels organisés et transnationaux contribue à l’exacerbation des conflits et à la perpétuation de la violence", note une étude parue en juin 2026 intitulée Cartographie de la criminalité organisée et de la violence au Cameroun.
Mais limiter le contexte sécuritaire à ces deux régions ne reflète pas la dure réalité que vivent des millions de Camerounais car le pays est régulièrement confronté à l’insécurité dans les grandes villes comme Yaoundé, Douala et Bafoussam.
Ces villes sont confrontées à un cocktail de méfaits: agressions, cambriolages, rapts avec demande de rançon, assassinats... qui font des victimes indifféremment parmi les femmes, les jeunes filles et les enfants. Dans le paragraphe Brève présentation des marchés criminels, la même étude évoque le trafic de stupéfiants, d’armes et d’explosifs, la contrebande, le vol de bétail, la criminalité environnementale...
Mais l’insécurité n’est plus propre aux seules centres urbains. Naguère épargnées, les zones rurales connaissent à leur tour une inquiétante recrudescence des actes de violence rapporte le sociologue Jean-Claude Afada de Yaoundé, «par le passé, les villes constituaient pour les malfrats un terrain fertile parce qu’ils pouvaient y opérer incognito. Mais depuis que les forces de l’ordre se sont arrimées aux nouvelles technologies avec l’installation des caméras de surveillance dans toutes les grandes villes, ces individus ont se sont repliés dans les villages».
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Dans le département de la Lékié, région du Centre, par exemple, les populations broient du noir comme l’a révélé un habitant du village Ekekam, «depuis que le prix du cacao s’est amélioré, nous avons perdu le sommeil au village. Les voleurs nous guettent de jour comme de nuit et n’hésitent pas à nous agresser avec des armes dont ils se servent parfois», a-t-il déclaré avant d’interpeler les forces de l’ordre sur la nécessité de renforcer les mesures de sécurité dans son village.
Cette augmentation de l’insécurité dans les villages réduit considérablement les mouvements des populations avec des femmes qui ne vaquent plus dans leurs activités champêtres sans être accompagnées.
