Côte d’Ivoire: arrestation d’un particulier accusé d’avoir fait détruire un quartier à Abidjan

Le 19/06/2026 à 11h21

VidéoUn particulier accusé d’avoir fait démolir plusieurs hectares d’un quartier d’Abidjan, sur la base d’un faux document de justice a été arrêté jeudi dans la capitale économique ivoirienne, a appris l’AFP vendredi auprès de la police nationale.

L’affaire fait polémique en Côte d’Ivoire depuis le 3 juin, date à laquelle une partie du quartier de Koumassi Campement a été détruite par des bulldozers.

Une scène classique à Abidjan où des opérations de démolition au nom de la lutte contre l’insalubrité sont menées depuis plusieurs années, sauf que cette fois la destruction est revendiquée par un individu, Jacques Alloui Brou, qui a assuré quelques jours plus tard dans une vidéo être dans son bon droit, décision de justice à l’appui.

Or, selon le procureur d’Abidjan cette décision «n’autorise aucune démolition de constructions». Une enquête a été ouverte et le suspect était recherché.

Jacques Alloui Brou, «opérateur économique» de 76 ans, a été arrêté jeudi dans la commune abidjanaise de Port-Bouet, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la police, le commissaire Denis Kouadio Aka, sans plus de précisions.

Selon le procureur, les démolitions sont constitutives de «troubles à l’ordre public, voies de fait et destruction volontaire de bien d’autrui» et peuvent entrainer des peines allant jusqu’à 5 ans de prison.

Plusieurs milliers de personnes ont ainsi perdu leurs toits dans le quartier de Koumassi Campement, et n’ont pas de solution de relogement.

Depuis le début de la polémique, beaucoup d’Ivoiriens s’interrogent toutefois sur la capacité d’un seul individu à mobiliser de tels moyens, avec le concours de la force publique, pour raser un quartier sans l’aval des autorités.

«Qui a autorisé les policiers à l’accompagner dans sa forfaiture?», s’interroge pour sa part le Nouveau Réveil, quotidien d’opposition qui évoque un «scandale d’Etat».

Jeudi, la haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG), organisme étatique, a appelé à des vérifications visant notamment «à clarifier la chaîne de décision ayant conduit à l’intervention matérielle sur le site».

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 19/06/2026 à 11h21