Alors que les usagers se réjouissaient de ne plus subir une nouvelle hausse du prix du carburant après celle d’avril, les voilà qu’ils font de nouveau face à une inflation, compliquant le quotidien de nombreux Ivoiriens.
Pour les acteurs transporteurs, c’est un coup de massue. «Depuis le début du mois, nous avons remarqué cette augmentation de prix du carburant. Ma voiture utilise le super, les mois passés je faisais mon plein entre 45.000 et 50.000 FCFA, mais depuis la semaine dernière je suis obligé de dépenser plus», déplore Kouamé Narcisse, conducteur de minicar en commun appelé Gbaka, rencontré à la gare de Bingerville.
Comme lui, plusieurs conducteurs affirment que leurs recettes journalières risquent d’être fortement affectées.
Chez les passagers également, l’inquiétude est palpable. Nombreux sont ceux qui redoutent une hausse prochaine du coût du transport urbain et interurbain.
Rencontrée dans la rue de Yopougon, Sandrine Yao, commerçante accompagnée de ses collègues, dit craindre pour son budget mensuel. «Déjà que le transport absorbe une bonne partie de nos revenus. Tout augmente: la nourriture, le loyer, l’électricité. et si les tarifs augmentent encore, ce sera compliqué pour les familles. Nous en appelons à nos autorités et demandons aussi aux transporteurs de penser aux populations. Les temps sont déjà difficiles», lance-t-elle.
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Face aux nombreuses préoccupations, les responsables des organisations de transporteurs se veulent rassurants. Plusieurs affirment avoir entendu l’appel des populations et promettent, pour l’heure, de ne pas augmenter le coût du transport malgré la hausse du coût du carburant. Les autorités, quant à elles, tentent de conforter l’opinion publique expliquant que cette hausse n’est pas spécifique à la Côte d’Ivoire et qu’elle résulte des tensions et crises observées dans plusieurs régions du monde.
Ces perturbations internationales auraient entraîné une flambée des coûts sur le marché mondial des hydrocarbures, impactant plusieurs pays africains, dont la Côte d’Ivoire.
«Nous savons que les populations souffrent déjà. Pour le moment, aucune augmentation du prix du transport ne sera appliquée, mais il faut reconnaître que la crise est d’ordre mondial», assure Mamadou Soumahoro, un responsable syndical des transporteurs.
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Alors que les propos du président des consommateurs de Côte d’ivoire, tenus il y a plusieurs semaines, le prix du carburant ne devraient connaître une nouvelle augmentation jusqu’à fin 2026, sauf cas de force majeure. Aujourd’hui ce cas de force majeure se présente. Les crises dans plusieurs pays et puissances avec leurs corollaires d’inflation à tous les niveaux, entrainent malheureusement un revirement de la situation impactant les cours mondiaux des produits.
Entre inquiétudes sociales et promesses d’apaisement des transporteurs, le gouvernement est attendu sur des mesures à même de préserver le pouvoir d’achat des ménages déjà mis à rude épreuve.
