Le pays d’Afrique de l’Est dépend fortement des importations de pétrole en provenance du Golfe et est durement touché par le blocage de fait du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.
Lundi, des routes avaient été bloquées par des manifestants et des affrontements avaient éclaté à plusieurs endroits du pays. Des défenseurs des droits humains ont accusé la police d’usage disproportionné de la force.
Les autorités ont de leur côté évoqué des «violences» qu’elles ont mises sur le compte de «politiciens voyous» ayant «mobilisé des criminels», sans donner plus de détails sur la mort des quatre citoyens.
La grève a été lancée par une alliance d’acteurs du secteur des transports, qui avaient promis d’empêcher toute circulation pour protester contre une nouvelle hausse des prix à la pompe, décrétée le 14 mai par le gouvernement.
Les contempteurs du gouvernement estiment qu’il devrait réduire les taxes appliquées aux carburants, bien qu’elles contribuent de façon importante au budget de l’État.
L’Autorité de régulation de l’énergie et du carburant (EPRA) avait indiqué la semaine dernière que le gouvernement avait dépensé 38,5 millions de dollars (33 millions d’euros) pour protéger les consommateurs contre la hausse des prix du diesel et du kérosène. Elle a légèrement baissé lundi soir le prix maximum du diesel à la pompe.
Une concession jugée insuffisante par le secteur des transports, qui a prolongé la grève.
A Nairobi, la circulation des matatu, ces bus et minibus exploités par des entreprises privées qui assurent les transports publics, est limitée pour une deuxième matinée consécutive.
Quelques blocages à travers le pays ont été rapportés, mais aucun incident majeur n’a été signalé sur les principales routes vers Nairobi, a indiqué sur X la Croix-Rouge kényane.
De nombreuses écoles et représentations diplomatiques sont fermées et le trafic reste faible dans des rues de la capitale généralement embouteillées, a constaté l’AFP.
Mais de nombreux Kényans craignent un second jour de grève au lourd impact sur leurs finances.
«Hier, j’étais en grève presque toute la journée, mais j’ai travaillé le soir», a expliqué Justus, chauffeur Uber, à l’AFP. «Comme la plupart des Kényans, je ne peux pas me permettre de rester deux jours sans travailler.»
